Les actualités

Du 2021-06-10 au 2021-06-20

Différentes et semblables

Un sourire communicatif

J’aurais beaucoup d’anecdotes savoureuses à partager sur mes rencontres avec les femmes du monde, souvent totalement différentes de moi par la race, la religion, la langue, la culture. Comment communiquer quand la barrière de la langue se dresse entre nous ? J’ai trouvé une recette irrésistible et qui a toujours fonctionné partout : le SOURIRE. Je me suis souvent amusée à ce jeu lors de rencontres avec des inconnues dans les trains, les aéroports ou sur la rue. Je regarde d’abord très sérieusement la personne que je veux apprivoiser. De part et d’autre, l’expression est sérieuse et elle restera sérieuse tant que moi, Sr Huguette, je la garderai ainsi. « Tu es étrangère, je ne te connais pas ! » Voilà ce que dit cette attitude. Mais peu à peu, tranquillement, je laisse naître un sourire sur mes lèvres, mes yeux reflètent mon intérêt, mon désir de me rapprocher. Je surveille le sourire qui naît en même temps que le mien sur le visage étranger. Et le miracle s’accomplit ! Les sourires se rejoignent, ils deviennent un signe d’accueil : « Je suis ton amie, n’aie pas peur ! » La confiance naît et grandit. Les parents, les mamans surtout, réagissent toujours devant mon sourire à leurs enfants. Ils l’interprètent comme un compliment. « Vous avez un bel enfant, quel trésor ! » Ce genre d’approche m’a gagné beaucoup d’amitiés profondes et fidèles partout où je suis passée. Ces amitiés font le charme de ma vie. Maintenant que les années s’accumulent, le mot « partir » fait toujours vibrer toutes les cordes de mon coeur missionnaire.

L’ensemble de ces expériences m’a fait comprendre qu’au-delà des différences, il y a tellement de ressemblances ! Nous, les femmes, on sympathise spontanément, parce qu’on se comprend, parce que partout dans le monde, les femmes donnent la VIE, elles l’entretiennent, elles la gardent avec un AMOUR qui est au coeur de leur propre vie. Cet amour qui inspire la vie des femmes, les pousse au don total, du berceau à la tombe. C’est le plus grand de tous les dons, celui qui durera jusqu’au bout, comme le dit saint Paul : La foi, l’espérance et la charité demeurent, mais l’amour ne finira jamais. (1 Co 13,13)

 

Un geste d’accueil

Une autre prise de conscience qui m’habite, et que vous partagez certainement, c’est que les premières victimes des conflits, des guerres, de l’oppression, de la pauvreté, des cataclysmes naturels qui créent tant de deuils et de souffrances, sont en majorité des femmes et des enfants. Je pense à tant de situations malheureuses vécues dans beaucoup de pays de la planète et qui nous sont rapportées tous les jours par les médias. Je me demande parfois si tous ces drames humains me touchent vraiment, si je ne deviens pas un peu habituée, un peu blasée parce que je ne suis pas personnellement impliquée ? Je tâche de réagir en me demandant : « Si c’était mon frère, ma soeur, mon enfant ? » Développer un sentiment d’empathie envers les victimes de drames humains peut m’aider à poser des gestes fraternels et à me sentir plus solidaire avec ces femmes.

Ceci m’amène à mentionner ma sympathie pour les réfugiés, les immigrés, pour tous ceux qui quittent leur pays afin de chercher refuge ou une vie meilleure en terre étrangère, par amour pour leurs enfants, pour mieux assurer l’avenir des générations futures. Par mes expériences personnelles, j’ai compris le sentiment de dépaysement dans un pays étranger, quand j’ai eu l’impression de recommencer à zéro devant l’usage du téléphone, de la poste, de la valeur de la monnaie dans ma main, de la direction à prendre pour arriver où je voulais aller, du fonctionnement des transports publics, même pour une simple communication avec le voisin si je ne connaissais pas sa langue ! J’ai compris la perte de dignité, d’autonomie et de confiance en soi vécue par les immigrants quand ils recommencent leur vie dans un pays inconnu ! Et quel réconfort apporte le sourire d’un habitant de ce nouveau pays, le geste d’entraide, le service rendu, l’accueil cordial et fraternel pour tous ces frères et soeurs envers notre Père commun ! Je pense ici à de belles aventures d’amitié vécues avec des familles immigrantes, avec les femmes surtout, ces éternelles pourvoyeuses qui doivent assurer la nourriture et les vêtements pour leur famille. La personnalité de cette femme de grande classe, réduite à chercher des secours, a été un choc quand je l’ai rencontrée. Pour mettre un terme à ces confidences, je me réjouis de voir surgir une solidarité profonde entre les femmes de tous les continents. Je veux le répéter encore une fois, qu’avec toutes leurs différences, elles sont tellement semblables à nous ! Elles sont des femmes de coeur !

 

Huguette Turcotte, m.i.c.

Précurseur été 2015

Du 2021-06-03 au 2021-08-27

Projet Soeurs Missionnaires Immaculée-Conception

Un projet d’avenir structurant pour le secteur

L’édifice central du 100 Place Juge-Desnoyers, qualifié « patrimonial » demeurera en place. Le grand désir des religieuses est qu’il soit à l’avenir habité par des organismes communautaires qui feront revivre les murs de cette grande maison qui a bourdonné d’activités durant plus d’un siècle.  

Le Collectif « Autour d’une tasse » du pôle régional d’économie sociale de Laval a pour objectifs de perpétuer l’héritage, valoriser le patrimoine bâti, rendre un quartier à échelle humaine et travailler par et pour la communauté.  Un projet global très intéressant est à se développer pour que la Mission des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception se perpétue sur la « Pointe des Missionnaires ». 

 

Pour de plus amples informations :

Sœur Gisèle Leduc, m.i.c.    (579) 631-1981       mrdmecono@gmail.com

Du 2021-05-29 au 2021-06-19

Fête de la Sainte Trinité

De la foi de Jésus à la foi en Jésus

Jésus demeure le modèle parfait du croyant (Hébreux 12,2). Or la foi juive en un Dieu unique n'est pas d'abord une croyance, un système de pensée. Ce «monothéisme» est d'abord un art de vivre : c'est manifester, dans les choix de la vie, que Dieu seul est Dieu, que rien n'est Dieu sauf Dieu.

C'est un combat permanent contre la divinisation de tout ce qui n'est pas Dieu, les «idoles» : le pouvoir, l'argent, la nation, le sexe, les rites religieux eux-mêmes, tout ce que nous sommes toujours tentés de sacraliser. La profession de foi du Deutéronome, le "Shema Israël«, »Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique" (Deutéronome 6, 4), n'abolit rien de la vie des hommes mais elle relativise tout par rapport au seul absolu, Dieu. C'est, encore aujourd'hui, une vraie libération de tous les Pharaons.

Jésus a hérité de ses pères cette foi contestante. Il est même le champion de ce monothéisme : s'il y a bien quelqu'un pour qui rien n'est dieu sauf Dieu, ni César, ni les liens familiaux, pas même le Temple ou le Sabbat, c'est bien lui. «Il a mis sa confiance en Dieu. Que Dieu maintenant le délivre !», reconnaissent même ses ennemis au pied de la croix (Matthieu 27, 43). Jésus a pris au sérieux sa confession de foi, il l'a traduite en actes.

La foi est donc cette relation à Dieu qui remet tout à sa juste place. Ce qui a frappé les premiers compagnons de Jésus, c'est précisément l'intensité, la proximité, l'intimité de sa relation à Dieu. Là est son originalité, manifestée dans son comportement et dans sa prière.

Cette audace tranquille avec laquelle il enseigne («On vous a dit, moi je vous dis…», Matthieu 5), la justification qu'il en donne («Mon enseignement ne vient pas de moi mais de celui qui m'a envoyé» Jean 7, 16), sa façon de disposer du pardon de Dieu («Tes péchés sont pardonnés», Marc 2, 5), le pouvoir qu'il a de vaincre la maladie et de terrasser les puissances du mal, tout cela atteste une relation tout à fait particulière avec celui que tous nomment Dieu et que, lui, ose appeler Père, et même «mon Père». C'est cette singularité qui fascine les uns et scandalise les autres.

Au point que, très vite après sa mort et sa résurrection, ses disciples en viennent à associer à la réaffirmation traditionnelle de leur foi l'attestation de la relation unique de Jésus avec ce Dieu unique : «Il n'y a pour nous qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et vers qui nous allons, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes» (1 Corinthiens 8, 6).

Donner à Jésus ce titre de Seigneur, qui dans toute la première alliance est propre à Dieu, ce n'est évidemment pas le substituer à Dieu : «Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père», chantent les Philippiens (2, 11). A sa gloire, pas à sa place : Seigneur avec Dieu, comme lui et en lui, en raison de sa relation unique avec lui, relation d'origine et d'intime proximité suggérée par le titre de Fils.

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