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DONATION Les évêques catholiques de la Province de Québec, dans une assemblée tenue le 2 février 1921, décident la fondation d'un Séminaire des Missions-Étrangères. Le 27 avril 1923, ils achètent un terrain situé sur l'île Jésus, dans la municipalité de St-Vincent-de-Paul, comté Laval, de la succession de feu l'Honorable Mathias-Charles Desnoyers. Le 30 avril, le Conseil d'Administration de la Société des Missions-Étrangères, réuni à Rimouski, accède à la demande de Mère Marie-du-St-Esprit (Délia Tétreault), fondatrice et supérieure générale des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception " de leur céder un terrain sur la propriété du Séminaire pour y construire leur maison-mère et leur noviciat. "L'acte de donation du terrain, en date du 22 mai 1923, mentionne qu'il est" cédé gratuitement aussi longtemps qu'elles l'occuperont pour leurs oeuvres." Le terrain en question est composé du lot 1,068,777 (413,822 pieds carrés) avec les numéros civiques 100 et 140, Place Juge-Desnoyers. La signature des actes notariés (#4497) a lieu le 16 juillet 1923 devant le notaire Thomas Ducharme. M. le Chanoine Joseph-Avila Roch, supérieur, signe pour la Société des Missions-Étrangères et Mère Marie-du-St-Esprit pour les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, dûment autorisée par une résolution du Conseil Général le 25 juin 1923. |
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Dès novembre 1923, la revue Le Précurseur, lancée par la Fondatrice en mai 1920, annonce aux lecteurs que " la construction est commencée et avance bien. " L'entrepreneur M. Damien Boileau érige un bâtiment de trois étages avec façade vers l'est, dont l'entrée principale est au centre du premier étage. On l'atteint par un long escalier extérieur en deux sections qui débouche près de la chapelle. La salle du noviciat est à l'extrême droite, le réfectoire et la cuisine au rez-de-chaussée et les dortoirs au troisième étage. Les travaux avancent si rapidement qu'une première messe est célébrée le 24 mai par l'abbé L.-A. Lapierre, premier membre de la Société recruté par Mère Marie-du-St-Esprit lors d'une tasse de café restée mémorable dans l'histoire des deux groupes missionnaires. Les novices quittent la Maison-Mère et emménagent dans leurs nouveaux locaux le 11 juin 1924. L'édifice est béni le 2 juillet par M. le Chanoine Roch, deux mois avant la bénédiction du Séminaire des Missions Étrangères, le voisin à l'est, qui a lieu le 7 septembre. |
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TROIS AGRANDISSEMENTS SUCCESSIFS L'intérêt pour les missions, suscité par la fondation de la Société des Missions-Étrangères, les nombreux départs des Soeurs de l'Immaculée-Conception pour leurs missions en Asie, comme aussi par la promotion des Oeuvres Pontificales de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance entreprise par les Soeurs M.I.C. dans les paroisses et les écoles, font éclore de nombreuses vocations missionnaires. Dès 1926, un nouveau contrat est donné à M. Damien Boileau pour une seconde construction de trois étages, en pierres grises, devant celle de 1924, avec l'entrée principale face à la Rivière-des-Prairies. Elle est bénite par Mgr Georges Gauthier, auxiliaire à Montréal, le 23 juin 1927. Le noviciat compte alors 73 novices et 23 postulantes. |
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La vie continue, les entrées aussi. Il n'est donc pas étonnant de voir Mère Marie-du-St-Esprit se lancer dans un autre agrandissement deux ans plus tard. L'entrepreneur ajoute un quatrième étage sur les deux édifices existants. Les chroniques du temps mentionnent une entrée de 50 postulantes cette année-là (1929). Et les locaux additionnels permettent d'inaugurer des retraites pour dames et jeunes filles. La proximité du Séminaire des Missions-Étrangères facilite la tâche des aumôniers qui assurent le ministère et les conférences spirituelles. Séminaristes et novices participent aux processions de la Fête-Dieu de la paroisse Saint-Christophe et le reposoir est plusieurs fois préparé dans l'entrée des deux maisons religieuses. |
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On pourrait croire que Mère Marie-du-St-Esprit est satisfaite de son couvent de Pont-Viau. Eh non ! Elle rêve maintenant d'une grande chapelle qui deviendrait un haut-lieu de prière pour son Institut. Elle entreprend de le réaliser en avril 1932 en confiant à l'entrepreneur Jules Toralli la construction d'un édifice de pierres grises à l'ouest de la propriété, en tout semblable au premier, relié par une longue passerelle de trois étages. L'édifice comprend une chapelle de style gothique avec jubés, dédiée à Notre-Dame-des-Missions. Les plans de la chapelle sont soumis à l'archevêché et Mère Marie-du-St-Esprit supervise les travaux elle-même. Les dépenses sont défrayées par un don très important et les revenus d'un héritage. Avec cette addition, le couvent de Pont-Viau devient une ruche bourdonnante où se préparent pour les missions lointaines des centaines de jeunes femmes venues de partout au Canada, des États-Unis et même d'autres pays. Les années qui suivent voient le développement graduel de la propriété : des allées sont tracées dans le bocage, on plante des arbres fruitiers, on entreprend de cultiver un grand potager, on voit apparaître un poulailler et une étable. La première phase des constructions se termine avec l'érection d'un cimetière communautaire en 1936. |
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LE CIMETIÈRE M.I.C. Les bornes du cimetière sont fixées et les autorisations requises accordées en novembre 1936. L'année suivante, on procède à la translation des restes des Soeurs inhumées à Québec, à la Côte-des-Neiges et au cimetière St-Vincent-de-Paul à Laval. Les Soeurs décédées au couvent de Nominingue ne seront ramenées dans le nouveau cimetière de Pont-Viau que beaucoup plus tard, lors de la vente de cette propriété en 1975, après avoir obtenu le permis nécessaire de la Cour Supérieure de Mont-Laurier. Plus récemment encore, le 19 octobre 1983, les restes mortels de Délia Tétreault, décédée en 1941, furent exhumés en présence des représentants de l'archevêché de Montréal. Cette démarche officielle fut la première étape exigée en vue de l'introduction de sa Cause de Canonisation au Vatican. Depuis cette date, ses restes reposent dans un Tombeau de marbre situé à l'arrière de la chapelle du couvent de Pont-Viau. Reconnue Vénérable par Jean-Paul II en 1997, les Soeurs et les visiteurs peuvent venir la prier et solliciter son intercession pour l'obtention de faveurs. Certains éléments de la décoration du Tombeau proviennent des Ateliers " Au dragon forgé " de Laval. Une extension du cimetière a été nécessaire en 1996, vu le grand nombre de décès des Soeurs canadiennes ces dernières années. |
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LES ANNÉES "40, "50 ET "60 Le terrain s'est agrandi le 24 mai 1943 par l'achat de deux petites propriétés situées à l'ouest, du côté de la chapelle. Peu après, les Soeurs entreprennent de transformer en potager le terrain occupé autrefois par ces deux maisons. Les chroniques du temps mentionnent des récoltes presque miraculeuses et une tempête de neige en juin qui a obligé tout le personnel à faire une course contre la montre pour couvrir et sauver du gel les 2000 plants de tomates déjà en terre. En juillet 1951, la Ville de Pont-Viau propose aux Soeurs M.I.C. d'acheter une partie du terrain pour construire l'usine de filtration de l'eau qui sera installée sur le lopin de terre bordant la rue St-Hubert. L'entente survient et les travaux débutent. Les chroniques mentionnent que la construction de l'usine a causé un jour un manque d'eau au couvent. On s'en tire en envoyant les postulantes puiser de l'eau à la rivière et un camion apporte de l'eau potable. |
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Le 22 janvier 1952, les Soeurs vendent à la Ville une partie du lot 26. En 1961, les autorités municipales élargissent la rue qui passe devant le couvent et qui se termine au Séminaire. À cette date, cette rue se nomme simplement Desnoyers, du nom de l'ancien propriétaire, et plusieurs variantes surviendront au cours des années suivantes. Le bout de la pointe Desnoyers, qu'on nomme " Pointe-des-Pères ", est un boisé où le personnel du Noviciat va quelquefois en pique-nique durant l'été. Cinq grandes résidences pour personnes âgées occupent aujourd'hui ces terrains au bout de la Pointe. Le 3 avril 1963, le Maire de Pont-Viau, M. Roger Provost, propose aux Soeurs un plan de transformation du voisinage: il s'agit de remplir le " Marigot " en gardant un canal de 100 pieds entre le couvent et le terrain de jeux projeté. On plantera des arbres pour nous isoler davantage. Le 8 septembre, le grand château d'eau marqué PONT-VIAU, qui faisait partie du paysage depuis très longtemps, est descendu par une grue géante. Il est remplacé par des conduits souterrains plus modernes. En 1971, les novices quittent Pont-Viau pour la Maison Mère. La baisse des vocations et les besoins grandissants d'espace pour les soeurs malades motivent cette décision. Pour le couvent de Pont-Viau, c'est la fin d'une ère axée sur la formation des jeunes soeurs M.I.C., et le début d'une autre au service des Soeurs âgées et malades. 1975: CONSTRUCTION DE L'INFIRMERIE C'est une aile de deux étages et sous-sol, en pierres grises, à l'est du bâtiment de 1924, rattachée au rez-de-chaussée par un corridor, avec une capacité d'accueil de trente chambres, les locaux utilitaires et un département de physiothérapie au sous-sol. L'Infirmerie est inaugurée en février 1976. La direction et les services sont assurés par une équipe d'infirmières M.I.C. En 1980, une résidence destinée aux Soeurs s'élève à côté de la Procure des Missions-Étrangères. Elle porte le numéro civique 140, Place Juge-Desnoyers. Le chemin qui conduit dans la cour et au cimetière passe entre l'Infirmerie et cette résidence. |
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LE PAVILLON DÉLIA-TÉTREAULT L'implantation des Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception dans des pays de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique du Sud et des Antilles atteint son apogée et une nouvelle étape commence. Des jeunes femmes originaires de ces pays assurent maintenant la relève et partent à leur tour " annoncer la Bonne Nouvelle à ceux qui ne la connaissent pas." (Const. MIC, #1). Les Soeurs canadiennes, chargées d'oeuvres et d'années, reviennent nombreuses au Canada. C'est pour les accueillir que s'élève en 1984 une aile de cinq étages conçue par les architectes Desrochers-Dumont, située à l'ouest du bâtiment principal, près de la rue St-Hubert, le Pavillon Délia-Tétreault. Ainsi nommé pour rappeler le souvenir de la Fondatrice, qui a été à l'origine de la propriété de Pont-Viau, cette maison est et restera toujours très chère à toutes les M.I.C. L'édifice est polyvalent. Outre les trois étages réservés aux malades, il abrite le Bureau de la Cause Délia-Tétreault, les archives générales avec voûtes réfrigérées et classeurs modernes, des salles de réunions, lieux d'accueil des visiteurs, etc. Il y a un total de 192 Soeurs dans les divers départements du couvent de Pont-Viau en 1989. |
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Notons en 1991 la construction d'une cafétéria pour les employés laïques qui sont de plus en plus nombreux à assurer les services essentiels à la vie du couvent. Cette addition est dans la cour arrière, vis-à-vis la cuisine et la salle à dîner principale, avec des casiers au sous-sol et une entrée privée pour le personnel. Des parties du jardin sont sacrifiées pour agrandir l'aire de stationnement. Les chroniques communautaires relèvent à intervalles périodiques les interventions des services de Sécurité pour les incendies qui exigent l'installation de portes électroaimantées, des déclencheurs automatiques, etc. Au cours des années suivantes, la mise aux normes exigée par les autorités gouvernementales provoque d'importants travaux de rénovation. Des professionnels laïcs assument l'administration des Services de Santé M.I.C. de Pont-Viau en 1999. Le Service compte alors 101 lits au Pavillon Délia-Tétreault et 35 à l'Escale Myriam (Infirmerie de 1975). Un fait saillant de l'année 2000 fut l'alerte au chlore à l'usine de filtration voisine du couvent dans la nuit du 4 juillet. En un temps record, les pompiers évacuèrent toutes les malades du Pavillon Délia-Tétreault dans un local du CEGEP Montmorency où un personnel dévoué leur prodigua soins et réconfort. Occasion unique pour nos aînées de faire connaissance avec le Maire Vaillancourt et son équipe qui leur servirent un substantiel déjeuner. En fin d'avant-midi, le danger étant passé, la plupart des malades avaient réintégré leurs chambres au Pavillon et échangeaient leurs impressions sur leur sortie nocturne, considérée par quelques-unes comme un pique-nique-surprise. Les années 2000 sont marquées par des travaux majeurs de rénovation du système de chauffage et des circuits électriques, la pose de cloches d'appel et d'avertisseurs d'urgence. Un nouveau système de télévision en circuit fermé permet maintenant aux malades de suivre les offices religieux dans leurs chambres. LA VIE QUOTIDIENNE À PONT-VIAU La ruche bourdonnante remplie de novices en 1932 bourdonne encore, mais elle est maintenant habitée par des femmes dont la moyenne d'âge est de 78 ans. C'est actuellement la plus grande maison de l'Institut au Canada, celle qui accueille des centaines de Soeurs lors des célébrations : les joyeuses (liturgiques, jubilés, anniversaires) comme les plus solennelles lors des funérailles. Outre le Tombeau de Délia Tétreault, le Bureau de la Cause et les Services de Santé, on y trouve le Secrétariat de la Presse Missionnaire (revues Le Précurseur et MIC Mission News), la bibliothèque centrale et une boutique d'artisanat. L'accueil des personnes et des groupes dans les locaux de la maison est très large. Mentionnons l'événement annuel qu'est le Mondial-Choral qui utilise la chapelle pour ses concerts depuis 2005. Des Soeurs encore actives accompagnent les malades dans les unités de soins. D'autres sont engagées en pastorale paroissiale, au Catéchuménat, dans l'accompagnement spirituel, la formation de bénévoles, les visites aux malades é domicile, l'assistance aux immigrants, la distribution de nourriture, à des organismes et à des familles démunies. On rencontre des MICs au Relais Communautaire, à la Maison Dominique, à Bonjour aujourd'hui, au Carrefour Espérance. L'une des nôtres est professeure de musique, directrice de chorale et organiste au Centre fédéral de Formation à l'Institut Leclerc de St-Vincent-de-Paul depuis 35 ans. Mentionnons pour terminer les cours privés de catéchèse, de langues, de mathématiques et de musique offerts durant trente-cinq ans è des centaines de jeunes. Il y aura dix ans cette année, la communauté M.I.C. confiait l'administration des Soins de Santé à une entité corporative dont les membres sont des religieuses, mais dont le Conseil d'administration assure le lien avec un personnel essentiellement laïc. Ce partenariat, ajusté aux situations contemporaines, permet aux deux cents filles de Délia Tétreault qui habitent le Complexe M.I.C. de Pont-Viau, de couler des jours empreints de sérénité et d'action de grâces dans ce site enchanteur de la Ville de Laval. RÉFÉRENCES:
Huguette Turcotte, m.i.c. |
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