Comme un bienheureux

Il est arrivé,
en ce temps-là et dans ce pays-là…
Comme un clown…
Du moins le prenait-on comme ça…
Il semblait avoir le ciel comme chapiteau
Les quatre saisons pour manteau
Et la terre, toute la terre… pour tréteaux.
Et il riait, il riait…
Comme un bienheureux.
Et il parlait…
Des paroles, vieilles comme le monde…
Oubliées comme nos premiers sourires.
Et il parlait…
Des paroles d’avant-garde…
Qu’il est venu le temps
de les mettre en pratique.
Il parlait…
Contre les têtes-longues, les mépris,
les faux-sourires, les faux-semblants…
Les faut-pas-le-dire.


Ce chant de Patrick Richard sur le thème des béatitudes a éveillé en moi le souvenir d’une parabole que j’aimerais bien partager avec vous…

Dans un champ vaste comme le monde, des gens de toutes couleurs se lancent des pierres, blessant les uns, tuant les autres. Point de répit à cette guerre infernale ! Soudain apparaît au milieu d’eux un clown vêtu d’un pantalon aux poches immenses comme son coeur. Il marche paisiblement quand une roche le frappe au dos.

Calmement le clown ramasse la pierre et il la glisse dans sa poche… Une deuxième l’atteint en pleine poitrine. Il vacille, puis courageusement, Une troisième… une quatrième… Il recueille ainsi toutes les pierres qui l’atteignent et en remplit ses poches. Lourd de toutes ces pierres, son pantalon tombe par terre ! Tout autour on se met à rire : Un clown sans culotte ! Un clown sans culotte ! Sans se laisser intimider, le clown creuse patiemment un trou où il enfouit toutes ses pierres. Autour de lui, les gens continuent à rire. Ils rient tellement qu’ils en oublient de se lancer des pierres. Par petits groupes, ils creusent le sol, ici et là, pour enfouir leurs pierres. Comme s’ils cherchaient le trésor de leur coeur, ils creusent… Et ils découvrent… la joie de travailler ensemble, de se regarder, de s’apprécier, de s’aimer… Ils sont heureux ! Et le clown aussi ! Sa mission de paix est terminée : Sur la pointe des pieds, le sourire aux lèvres, il disparaît comme il est venu!

Bienheureux, très heureux les artisans de paix !

Il est arrivé, en ce temps-là et dans ce pays-là comme un clown… Était-ce si long, si loin, de là ? Il disait des paroles vieilles ? D’avant-garde ? Qu’il est venu le temps de les mettre en pratique pour que le monde… puisse vivre !

par Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.

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