![]() Porté par un vent capricieux, il était tombé là par hasard près d'une forêt de sapins verts. Seul et terrifié, il s'était blotti au creux d'un coin de terre accueillant. Longtemps, il avait dormi, insensible, invisible à son entourage. Puis un jour… Crac! Sa petite carapace de graine avait craquée. Doucement, doucement, il avait dressé sa frêle petite pousse, curieux de découvrir ce qui pouvait bien se passer hors de son noir habitacle. |
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Wow! Quel changement, tout était inondé de couleur et délicieusement chaud, mais aussi, tout était si grand si gigantesque. Un instant il fut tenté de retourner à la sécurité de son petit coin de terre. Et puis… Zut! Je reste, se dit-il. Il avait beau regarder encore et encore, il ne voyait personne qui lui ressemble. Il se dit en lui-même : " Un jour, moi aussi je serai grand et fort comme eux. " De tout son cœur, de toutes ses forces, il s'efforçait afin de ressembler à la communauté d'arbres qui vivait là. Mais, plus il essayait et moins il réussissait. Il n'y avait rien à faire… Son écorce, ses feuilles, définitivement il n'était pas un sapin. À la nuit tombée, il racontait aux étoiles son chagrin et doucement il pleurait. Il n'avait pas sa place en ce coin de forêt peuplé de conifères. Ce qui lui était aussi bien pénible, c'est que les autres ne voulaient pas de lui dans leur paysage. Rires, quolibets, mépris l'avaient peu à peu rendu hargneux, irritable. Il n'entendait plus le vent dans sa feuillée, ni le chant des oiseaux nichés sur ses branches. |
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Un jour triste et pluvieux où il était de bien méchante humeur. Il entendit quelqu'un l'appeler.
L'érable commença par se dire : De quoi il se mêle celui-là? Mais il ne pouvait s'empêcher de retourner entre feuilles et branches tout ce qu'il venait d'entendre. Après tout, se dit-il, je n'ai pas beaucoup le choix alors autant faire contre mauvaise fortune bon cœur. Et puis je ne veux quand même pas rester un vieux grincheux malcommode. |
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La nuit tomba sur ses interrogations et le matin le trouva bien décidé à savoir qui il était et d'où il venait.
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Les deux nouveaux amis (ne leur dit pas ils ne savent pas encore qu'une belle amitié vient de naître) donc nos amis laissèrent la brise jouer entre leurs branches. Doucement, deux notes s'élevèrent, se donnèrent la main et une charmante mélodie inonda tout l'entourage. Le chant des oiseaux reprit en chœur le refrain. Une grande joie, une paix profonde les enveloppa et fit frissonner l'écorce de Sapinet et Érablin. Encore tout à sa découverte, Érablin regardât Sapinet et pour la première fois depuis si longtemps, il sourit. - C'est merveilleux, dit Érablin
Tout à leur conversation, nos deux copains ne remarquèrent pas un garçonnet et sa petite soeur qui s'approchaient en gambadant gaiement.
Quelque jours plus tard, on entendit au loin le bruit d'un lourd camion. Les sapins s'affolèrent croyant qu'on venait les couper pour les vendre comme sapin de Noël. Mais ils se trompaient! Ils étaient bien loin de se douter du projet que ce bon monsieur avait imaginé. Ils virent s'approcher un camion lourdement chargé de petits arbres. - Sapinet, regarde, est-ce que je rêve? On dirait tout un chargement d'érables.
Et oui, ils avaient raison. Toute une équipe se mit aussitôt à l'œuvre. Ils plantèrent beaucoup, beaucoup d'arbres. Si bien qu'à la fin de la journée toute une érablière en formation se dressait à perte de vue.
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Le temps passait. Les arbres grandissaient heureux sous le soleil et la pluie de ce magnifique coin de pays. Notre ami les regardait pousser. Il était si heureux! Il leur parlait de tous ses amis sapins et il parlait de sa famille érable à la sapinière. Lentement, grâce à lui, les deux familles devinrent très unies et vivaient paisiblement dans l'harmonie. Solides et touffus les sapins protégeaient l'érablière quand venaient les rafales de l'hiver. Les érables balançaient doucement leurs branches pour rafraîchir la forêt de sapins lors des lourdes chaleurs étouffantes de l'été. Ils s'amusaient, pleuraient, chantaient ensemble. Tout entre eux était partagé. Ensemble, ils élevaient vers leur grand Ami le Créateur le merci de leur cœur. Érablin fut par la suite, connu dans toute la région. On l'appelait respectueusement le " Vieux sage ". On ne sait jamais ce que nous réserve la vie. Dieu a semé pour toi des surprises. Ouvre grand les yeux et surtout ouvre grand ton cœur pour mieux les voir. Comme Sapinet et Érablin ouvre grande la porte. Tu ne le regretteras pas. PS J'oubliais, Érablin et Sapinet devinrent de très grands amis, des inséparables. |