L'Église de Chine
entre douleur et espérance
|
Avez-vous déjà eu faim? Soif? Pas de pain ou d'eau... mais de croissance, de lumière… et n'avoir rien pour étancher cette soif! Affamé de nourriture spirituelle et n'avoir que quelques miettes desséchées par 50 années d'enfouissement... Dans l'Église de Chine, j'ai été témoin du désir et de la faim d'apprendre, du besoin d'acquérir plus d'autonomie pouvoir choisir, dialoguer, accepter, refuser librement, s'affirmer être femme, quoi! |
|
![]() Huguette Chapdelaine, m.i.c., a travaillé à intégrer psychologie et spiritualité auprès de jeunes religieuses chinoises en Chine. Son engagement précédent à Taïwan l'avait préparé à cette mission. |
|
Naître ou renaître Après 35 ans de mission à Taïwan, j'avais dit adieu à la population chinoise d'outre-mer. Et voici qu'on m'invite à Beijing, au Séminaire national où 38 jeunes religieuses de 18 congrégations naissantes ou renaissantes vivront un mois de formation humaine et spirituelle. Avec ces jeunes qui occupent déjà des postes d'autorité, nous avons exploré les cheminements personnels, communautaires, ecclésiaux et spirituels à partir d'activités, de prières, de rencontres individuelles et collectives. Les religieuses en Chine Elles se répartissent en deux groupes. Le premier comprend les jeunes filles qui ont rejoint les rangs des congrégations de jadis, qui bien que disséminées, sont restées en Chine à l'avènement du nouveau système politique. Regroupées depuis l'âge de la retraite, ces soeurs âgées témoignent par leur vie de prière et de service. On y retrouve des Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie, des Filles de la Charité, des Petites Soeurs de Sainte-Thérèse (fondation du Père Vincent Lebbe), des Soeurs de la Sainte Famille et quelques autres. Le deuxième groupe comprend les congrégations fondées directement par les évêques ces dernières années. Qu'elles appartiennent au premier ou au deuxième groupe, toutes les congrégations sont sous l'autorité et le pouvoir exclusif des évêques. |
|
| Un vide religieux Les jeunes religieuses des deux groupes mentionnés sont de souche
chrétienne; cependant, elles sont tributaires de 50 ans de vide religieux dû à
la politique communiste. La foi, couvée sous la cendre dans les familles, reprend maintenant de plus belle :
c'est une source d'espérance pour ceux et celles qui désirent mieux connaître
la religion chrétienne et y adhérer ouvertement. À l'occasion de cette
session de formation, ces jeunes religieuses supérieures majeures ont tout à
découvrir sur elles-mêmes : leurs relations interpersonnelles entre
|
![]() |
|
Formation de base inadéquate Malgré leurs désirs et leurs efforts, des évêques, âgés pour la plupart, éprouvent beaucoup de difficultés à comprendre ces femmes consacrées vivant en communauté. À cause du manque de formation initiale, de règles de vie et d'orientation particulière, certaines jeunes filles sont envoyées par leur évêque dans d'autres communautés déjà "sur pied" pour s'initier à la vie religieuse. Après un ou deux ans, elles reviennent, deux d'ici, deux de là, et se voient confier la mission de fonder une nouvelle congrégation. |
|
![]() |
J'ai vu des coeurs ouverts Les communautés traditionnelles mettent l'accent sur la formation et l'expérience. C'est inimaginable de fonder en si peu de temps! Face à certaines lacunes de formation plusieurs congrégations religieuses font appel à des personnes-ressources venues d'ailleurs. Comme dans tout service, la personne qui donne reçoit davantage. À Beijing, j'ai vu des coeurs ouverts, des esprits nourris, des âmes s'élever à la hauteur du pardon à donner et à recevoir. J'ai rencontré des femmes zélées, reprenant avec joie la route de leur mission respective aux quatre coins de l'immense Chine. J'ai été touchée par leur dévouement auprès des malades, des sidatiques... tout en assurant la formation doctrinale des plus jeunes soeurs. Et, j'ai constaté leur courage à faire face aux difficultés sans nombre qui les attendent. |
|
Si mon apport a pu tant soit peu apaiser la faim et la soif spirituelles de ces religieuses, j'en rends grâce à Dieu. Et... je pense souvent aux soeurs de Chine : elles ont un urgent besoin de notre prière confiante auprès de Dieu pour leur plein épanouissement à Son service. Comme le demande l'Église de Hong Kong, nous avons à soutenir les évêques, les prêtres, les religieuses, les séminaristes et les croyants en cette période délicate où le "leadership" passe des personnes âgées aux jeunes générations. Et par-dessus tout, nous avons à aider l'Église de Chine à faire face aux défis du monde moderne et sécularisé. La formation se poursuit Dans le cadre du programme de formation continue qu'elles ont a coeur de poursuivre malgré les difficultés, 37 autres jeunes religieuses chinoises vivront en septembre 2005 le même cheminement d'intégration psycho spirituelle au Centre catholique de formation pour religieuses à Taiyuan, dans la province de Shanxi, à quelque 500 km au sud-ouest de Beijing. Je ferai à nouveau partie de l'équipe de formation. Si douleur et espérance peuvent cohabiter, je dirais que c'est bien ce que je ressens après cette courte mais combien intense expérience à Beijing! Article de la Revue Le Précurseur
|
|
| Bolivie | Canada | Cameroun | Chili | Chine | Cuba | Haïti | Hong Kong |
| Japon | Madagascar | Malawi | Pérou | Philippines | Taïwan | Zambie | Accueil |