Un champ d'action rayonnant

Cette peinture, jaillie du coeur d'une étudiante de ICA (Immaculate Conception Academy), représente son école avec ses 3 800 élèves sino-philippines du primaire au secondaire ! Une vision éducative qui laisse des traces depuis plus de 70 ans. Aujourd'hui le complexe ICA continue d'élargir ses horizons sous la direction de deux figures déterminantes : Sr Dina Ang et Sr Teresita Canivel.
par Marie-Paule Sanfaçon, m.i.c.

Une histoire étroitement liée à la transformation de la communauté chinoise de Manille.

En 1936, lors de l'arrivée des MIC, la population chinoise de Manille était principalement composée d'hommes. Après avoir fait fortune, les jeunes marchands retournaient en Chine pour se marier et fonder une famille et ne revenaient aux Philippines que par affaires.

Lorsque la guerre sino-japonaise a éclaté en 1937, plusieurs Chinois ont décidé de revenir aux Philippines avec leurs familles pour y demeurer. Cette année-là, le pays comptait quelque 2 000 réfugiés, hommes, femmes et enfants chinois.

Les MIC se sont mises au service de cette nouvelle et vulnérable population. Même si plusieurs étaient non-croyants ou protestants, les enfants trouvaient leur place à ICACA (Immaculate Conception Anglo-Chinese Academy) située au-dessus d'une quincaillerie. Cependant, avant que l'école puisse se développer, la seconde guerre mondiale éclatait. L'école a été fermée et les religieuses emprisonnées à Los Baños situé à 63 kilomètres de Manille.

Aprées la guerre, pendant que les Chinois de Manille s'occupaient à ouvrir de nouveaux commerces, leurs enfants revenaient à l'école ICACA maintenant ouverte dans un petit appartement, sur la rue Narra. Malgré l'étroitesse des lieux, l'école offrait le cours secondaire au complet. L'après-midi, les missionnaires visitaient les familles chinoises pour leur venir en aide. À l'occasion, les religieuses demandaient s'il ne serait pas propice de construire une école plus spacieuse. Impressionnée par la patience et la détermination des MIC, la communauté chinoise de Manille a aidé à bâtir la première école à Intramuros en 1956.

Plus tard le Père Jean Desautels, s.j., premier recteur de l'école Xavier, annonçait aux MIC que les Jésuites planifiaient de bâtir une école catholique exclusivement pour les garçons chinois-philippins à San Juan, Manille. Il invitait les missionnaires à ouvrir à San Juan une école semblable pour les filles. Après discernement, les MIC ont entrepris la construction de la nouvelle école. ICACA est devenue la première école catholique exclusivement consacrée aux filles chinoises-philippines.

De 1936 à 1950, les MIC visaient un double objectif : l'évangélisation des élèves à ICACA et leur préparation à un éventuel retour dans la société chinoise.

Puis, la prospérité croissante de l'ethnie chinoise incita les missionnaires à faire prendre conscience aux élèves de toutes les grâces reçues et de leur responsabilité envers les plus démunis. Aujourd'hui, ICACA, devenue ICA (Immaculate Conception Academy), a pour but d'offrir une excellente éducation aux élèves tout en leur offrant de multiples occasions de rencontrer et de secourir les pauvres.

ICA a parcouru un long chemin depuis sa naissance comme petite école bâtie dans la foi par ses pairs et par une congrégation de religieuses missionnaires. Ce qui n'était qu'un petit toit au-dessus d'une quincaillerie est maintenant un vaste complexe dans la banlieue de San Juan. Autrefois isolée, la communauté chinoise-philippine s'est intégrée dans la société philippine et participe activement à son développement. ICA a joué un rôle important en créant des conditions qui rendaient possible cette intégration.

Deux personnalités marquantes

Aujourd'hui, directrice de cette importante école, Sr Dina Ang a travaillé à ICA depuis 1970 comme responsable de divers services. Sa préoccupation majeure est de garder toujours à l'esprit la vision éducative de l'école : Former des femmes de foi et de service. Elle cherche constamment à rendre le programme toujours mieux adapté aux besoins actuels. Ainsi, on attache maintenant plus d'importance à l'étude du chinois parlé afin de maintenir les étudiantes au niveau des tendances mondiales. Sr Dina travaille principalement avec les enseignants, le personnel et les parents. Sa responsabilité comporte de grands défis et comme elle le dit si bien : Je vois les élèves réaliser le rêve de Délia : Dieu nous a tout donné, même son propre Fils. Quel meilleur moyen de le payer de retour que de lui donner des enfants qui, eux aussi, chanteront ses bontés dans les siècles des siècles.

De son côté, Sr Teresita Canivel, trésorière de l'école depuis 1993, travaille main dans la main avec Sr Dina. Elle a formé un conseil de parents pour collaborer étroitement à l'administration, avec le corps enseignant. Grâce à l'aide des parents et des anciennes élèves d'ICA, de nouvelles constructions ont vu le jour : l'édifice Felicidad Tan Sy, le Centre artistique et sportif Délia-Tétreault et le Centre d'activités de l'école secondaire. Des améliorations aux services et aux édifices existants sont régulièrement apportées. Ainsi, la chapelle vient d'être rénovée pour la célébration du 70e anniversaire de l'école.

Voies d'avenir

ICA poursuit toujours avec ardeur sa vision et sa mission : Dispenser une éducation intégrale et chrétienne auprès des jeunes sino-philippines et former des femmes rayonnantes de foi et de dévouement pour la réalisation d'une société oè Dieu règnera. L'objectif est de rendre les étudiantes conscientes des valeurs chrétiennes et plus engagées socialement. Quand on croit en un devenir, on fait tout pour qu'il se réalise ! Longue vie à ICA, ce champ d'action rayonnant auprès de la jeunesse chinoise-philippine !

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