MERCI "EN PILE"
(Merci beaucoup en créole)

25 ans plus tard, Flore Savignac, m.i.c. retrouve d'anciens élèves du temps où elle enseignait en Haïti.

En 1972, à mon arrivée en Haïti, on me confiait l'enseignement de la catéchèse au Collège Canado-Haïtien à Port-au-Prince, un collège technique dirigé par les Frères du Sacré-Cceur. Ces jeunes avaient entre 15 et 20 ans. Comme tous les grands adolescents de leur âge, ils avaient surtout le goût de mordre à belles dents dans la vie. Et la catéchèse?… Pourrait-elle les rejoindre?

Mon travail consistait à superviser dix classes de quarante élèves. Que de merveilleux souvenirs me reviennent de ces contacts privilégiés avec cette ardente jeunesse qui avait de l'idéal, de beaux rêves et qui voulait sérieusement préparer son avenir. En plus des cours réguliers, le collège offrait assez souvent des sorties de fin de semaine pour une récollection, des journées d'engagement auprès des pauvres ou des journées sociales destinées à leur faire mieux connaître la situation et les besoins de leur pays. Je me rappelle quelques témoignages à la suite de journées de prière. Je n'ai jamais senti le Seigneur si proche de ma vie!… J'ai vraiment parlé avec le Seigneur comme à un ami et je me propose de continuer dans ma vie de tous les jours.

Au fil des ans, je suis restée en contact avec quelques étudiants. Imaginez ma joie lorsque j'ai reçu une chaleureuse invitation aux retrouvailles du collège, le 2 juillet dernier à Long Island aux États-Unis. Voici quelques perles recueillies en causant avec mes anciens élèves. L'un d'eux, devenu médecin, me montre une image ou je lui avais écrit: Le Seigneur t'a gratifié de beaux talents, mais de toi Il attend beaucoup aussi. Puis il ajoute : J'ai toujours gardé précieusement cette image et j'essaie de répondre aux attentes du Seigneur. Domicilié à Miami, un autre ex-étudiant me raconte qu'il seconde le curé de sa paroisse pour les visites dans les familles et siège au tribunal ecclésiastique pour les causes d'annulation de mariage. Un troisième me confie : Lorsque vous êtes venue nous enseigner la catéchèse, j'étais en recherche et je me sentais malheureux. Personne ne me donnait de réponses satisfaisantes. À vos journées de récollection, j'ai senti que la réponse était là; j'étais bien dans la prière. Mais quel vide je sentais autour de moi: si peu de gens ont cet idéal ! Grâce à vous, j'ai pu me remettre sur les rails et ça m'a aidé toute ma vie. Pour sa part, une ex-collégienne ajoute : Les journées de récollection que nous passions ensemble m'ont entraînée à cette présence de Dieu; aujourd'hui je vis avec le Seigneur comme naturellement.

Lors de cette rencontre, bien d'autres beaux souvenirs ont été rappelés. Je suis revenue le coeur rempli d'action de grâces ! Le Seigneur est vraiment à l'oeuvre en chaque personne, mais encore faut-il qu'Il soit annoncé, connu pour prendre racine dans le coeur de chacun. Comment L'invoquer sans d'abord croire en Lui? Et comment croire sans d'abord L'entendre? Et comment entendre sans prédicateur? Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la Parole du Christ. (Romains 10, 14.17).

Flore Savignac, m.i.c.
Article de la Revue Le Précurseur
Octobre-Novembre-Décembre 2005

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