UN PAS EN AVANT DANS LA GRANDE ÎLE ROUGE

TRAVAILLER AUPRÈS DES DÉMUNIS, LES VALORISER PAR UNE ÉDUCATION INTÉGRALE ET FORMER DES LEADERS, VOILÀ EN QUELQUES MOTS LA MISSION DES MIC ACTIVES À MADAGASCAR DEPUIS 54 ANS. AUJOURD'HUI LA RELÈVE NOURRIT UNE GRANDE ESPÉRANCE POUR L'AVENIR DE L'ÉGLISE MALGACHE ET DES MIC.
par Jeanne-Marthe Razanadrasoa, m.i.c.

Le projet d'un centre de formation humaine et chrétienne à Antsirabe est né récemment et suscite beaucoup d'intérêt. Ce centre offrira l'espace requis pour la formation initiale des jeunes à la vie religieuse, un lieu de rencontre des sueurs deà la province (50 soeurs malgaches dont 25 en formation) et une section pouvant servir de séniorat aux soeurs aînées.

Il y aura également la possibilité de plusieurs activités apostoliques: sessions, retraites et cours pour répondre aux besoins du milieu. Notre priorité, il va sans dire : la promotion féminine. Afin de mieux les aider à préparer leur avenir, tout en nous procurant une petite source de revenus, les jeunes filles sont initiées aux bases pratiques de l'agriculture. Le vaste terrain déjà acheté permet d'en cultiver une bonne partie. Et pour assurer la sécurité des activités prévues à cet endroit, un mur d'enceinte vient d'être terminé.

TÉMOIGNAGE D'ERIKA

En écho à ce projet, une jeune MIC malgache, Erika Hanitranirina nous donne le témoignage de sa formation professionnelle et religieuse : J'étudie à l'Institut national de formation pédagogique (INFP) à Mahamasina pour devenir conseillère pédagogique de l'enseignement primaire à Antananarivo. Cette année, je termine mes études avec la présentation d'un matériel didactique pour l'évaluation de la discipline. J'achève la soutenance d'un mémoire sur "Les stratégies d'enseignants et les inégalités scolaires". Je traite ce thème dans le cadre de la sociologie de l'éducation, de la psychosociologie de l'éducation ainsi que de la psychanalyse. Je l'ai choisi en lien avec la pensée de notre fondatrice, Délia Tétreault, qui disait : "Qu'eux aussi chantent à leur tour le Magnificat." Face à toutes les formes d'inégalités scolaires existantes et devant tant d'injustices, comment les jeunes peuvent-ils chanter le Magnificat? C'est pour cette raison que j'ai dirigé mes recherches vers ce champ pédagogique.

Je suis reconnaissante envers ma communauté de me permettre de poursuivre mes études. Je n'ai qu'un objectif: accomplir cette parole de Délia "Faire tout pour la plus grande Gloire de Dieu". Les études me donnent l'opportunité de rendre service avec joie et disponibilité à l'Institut, à l'Église et au peuple malgache.

Au CŒUR DE L'INTERCULTURALITÉ

Au cours de ma formation à l'INFP à Mahamasina, j'ai vécu plusieurs expériences. Ma promotion regroupe différentes ethnies venant des six provinces de Madagascar. Elles sont aussi de religions diverses : (catholiques, protestants, anglicans, adventistes, islamistes) et de plusieurs sectes. Cette situation me permet de m'ouvrir à l'interculturalité et de vivre profondément la communion. Nos dialogues et nos partages m'ont permis de témoigner de ma foi au Christ ressuscité qui m'a choisie pour Le suivre dans la vie religieuse missionnaire. Ces échanges me confirment dans mon choix et ma détermination à continuer ma route dans le don de ma vie pour Lui et pour son Royaume. Mes collègues s'intéressent à mon vécu et s'informent sur la vie religieuse. J'en profite pour leur faire connaître davantage mon Institut dont je suis très fière.

GARDER UN ÉQUILIBRE DE VIE

Ma situation d'étudiante me permet aussi d'équilibrer ma vie personnelle, communautaire et apostolique. Je suis convaincue que ma raison de vivre, c'est ma communion avec la Trinité. Tout découle de ma relation profonde avec Dieu qui me donne joie et audace dans ma vie quotidienne: service communautaire, études et apostolat à la paroisse, malgré les quelques difficultés rencontrées.

À la paroisse, je suis conseillère spirituelle des "Enfants de Marie ou Snak'i Masina Maria". Le samedi matin, ils prient ensemble l'office marial. Chaque fois que je suis avec eux, j'éprouve une grande joie intérieure. Leur partage d'expériences de foi consolide ma propre foi et mon attachement au Christ. Au cours de nos dialogues, je découvre aussi leur joie et leur espérance. Ces rencontres sont un cadeau inoubliable pour moi, car elles me font prendre conscience de ma participation active à leur vie spirituelle. Je les aide à approfondir leur relation avec le Seigneur et la sainte Vierge. Cela me touche le coeur et vivifie en moi le zèle apostolique et missionnaire.

Je suis heureuse aussi de faire ma part dans la cuisine, le dimanche, et dans les services communautaires. Par toutes ces activités, si minimes soient-elles, j'exprime ma reconnaissance et mon appartenance à ma communauté et à l'Église.

L'accompagnement spirituel avec ma responsable m'aide à prendre ma vie en mains, dans une meilleure connaissance de mon moi profond ainsi que de ma relation avec Dieu et avec les autres.

Mon dernier mot consiste à remercier le Seigneur qui m'a fait connaître cet Institut pour Le suivre davantage dans l'action de grâces, pour L'aimer et Le faire aimer avec Marie partout où je suis.

Ce témoignage d'Erika nous dit l'importance de la formation religieuse et professionnelle pour nos jeunes soeurs malgaches. Le centre de formation humaine et chrétienne à Antsirabe : une nécessité pour les MIC et pour Madagascar !

Votre aide nous serait précieuse pour réaliser ce projet nous permettant de continuer notre Mission avec un regard d'espérance tourné vers l'avenir.

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