PARCOURS D'UNE JEUNE MIC
Mika est née d'une mère chrétienne et d'un père bouddhiste en mai 1968 à Hokkaido, au nord du Japon. Prématurée, on ne lui donnait que deux ou trois jours à vivre.
Quand je regarde ma vie, je puis dire : quelles merveilles fit pour moi le Seigneur! Jeune, j'ai été choyée par mon père et aidée par mon oncle, prêtre franciscain. Ma mère m'a enseigné l'amour de Dieu même si je ne voulais pas en entendre parler : je ne comprenais pas. Aujourd'hui, je vois comment Dieu agissait en moi par ma mère. Quel cadeau !
Je fus baptisée à Noël 1984. Mais la chorale de l'école me passionnait davantage! J'avais une jolie voix de soprano et mon professeur m'avait suggéré des études au conservatoire plus tard. Au lieu d'aller à l'église, je continuai de participer à la chorale durant trois ans. Mais comme il me fallait payer mes études, je dus renoncer à mon rêve et je décidai de m'inscrire à des cours en technique infirmière. Après la mort de mon père en 1987, je retournai vivre avec ma mère tout en travaillant dans les hôpitaux. Cependant, elle commençait à s'inquiéter pour mon avenir…
UN LONG CHEMIN
En 1997, je partis rejoindre mon petit ami aux Philippines. Mais la vie du
mariage ne semblait pas pour moi. À la fin de mon séjour, un prêtre
japonais me conseilla d'aller rencontrer une religieuse Missionnaire de
l'Immaculée-Conception à Davao, dans le sud des Philippines. Je ne
pensais pas à la vie religieuse à ce moment-là. Avec cette
MIC japonaise, je visitai plusieurs de leurs maisons et découvris leurs
activités apostoliques. Tout en travaillant dans une clinique, je continuai
à me rendre chez les religieuses une fois par mois. Avec elles, j'acceptai
de suivre une retraite de discernement malgré ma faible connaissance de
l'anglais. En 1998, je décidai d'expérimenter cette vie qui m'attirait.
Mais ce ne n'était pas facile : je ne savais pas prier ni rester cinq minutes
assise sans bouger! De plus, ma formation chrétienne était déficiente.
J'en conclus que la vie religieuse n'était pas pour moi. En novembre 2000,
je retournais donc chez moi, au Japon.
DIEU ÉCRIT AVEC DES LIGNES COURBES
Peu après mon retour des Philippines, je fus hospitalisée, ma
mère aussi. Précieux temps de réflexion pour moi! Dieu était
toujours là avec son amour et ses bénédictions. Je ressentais
a nouveau l'appel à la vie religieuse. En mars 2002, je rejoignis la communauté
des MIC à Tokyo. Un an plus tard, je me retrouvais à nouveau aux
Philippines avec un meilleur anglais et une connaissance de la foi chrétienne
plus adéquate. J'allais poursuivre ma formation avec d'autres jeunes au
noviciat Inter-Asie de Baguio. Je méditais souvent le Salut apporté
par Jésus, donnant sa vie par amour… Marie, écoutant avec son coeur,
faisant totalement confiance é Dieu, devenait pour moi un modèle.
Mon noviciat terminé, je retournai au Japon pour y prononcer mes premiers voeux. J'avais la conviction que le Seigneur me disait vraiment : Je t'ai appelée par ton nom (Isaïe 45, 4) et j'étais heureuse, très heureuse de répondre à son appel. Les MIC m'ont annoncé la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité que je ne connaissais pas et qui m'a transformée ! Ma mère m'a appris à dire merci et les religieuses m'ont appris ce que sont l'action de grâces et l'émerveillement. Quand je revois le chemin parcouru depuis ma naissance, mon coeur déborde de reconnaissance. Je rends grâce à Dieu et je remercie toutes les personnes qui m'ont accompagnée, aidée, encouragée tout au long de mon cheminement.
par Mika Inoue, m.i.c.
Article de la Revue Le Précurseur
Octobre-Novembre-Décembre 2005
Photo : MIC