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Aider la femme immigrante, monoparentale ou sans revenu, à sortir de l’isolement, échanger avec d’autres, apprendre un métier, intégrer le marché du travail et vivre dans la dignité au sein de la société : voilà en quelques mots la mission de Petites-Mains, un Centre de formation en couture industrielle.
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Conçu par une femme dynamique qui croit à l’impossible, le projet du Centre voit le jour de façon très modeste en 1994. À 78 ans, la fondatrice Denise Arsenault, c.s.c., se préoccupe de la situation des immigrantes récemment arrivées au Québec; elle veut concrètement les aider à sortir de leur pauvreté et de leur solitude. Ces femmes venues d’ailleurs sont chez nous et elles sont chez elles ici parce que la terre est à tout le monde. Je veux changer quelque chose à la situation de ces femmes. Je veux améliorer leurs conditions de vie, les aider à sortir de leur misère. Un cadeau du ciel Yolande Laroche, m.i.c, couturière chevronnée, partage cette vision de la fondatrice de Petites-Mains. Dès la création du Centre, elle offre ses services pour enseigner la couture industrielle à ces femmes dans le besoin. Sr Denise l’accueille avec joie dans son local exigu, situé au sous-sol d’une maison de la Côte-des-Neiges, quartier modeste de Montréal. Elle la considère comme un cadeau du ciel et un signe que Petites-Mains est voulu de Dieu. Le 26 septembre 1994, débutent les cours de couture en français et en anglais; deux groupes de quatre ou cinq femmes y participent. Elles viennent du Bangladesh, du Ghana, d’Haïti, de la Jamaïque, du Liberia, du Maroc et de la Tunisie. Avec le temps, d’autres femmes s’ajoutent; quelques-unes, plus habiles en couture, acquièrent rapidement l’expérience nécessaire pour se trouver du travail. Elles confectionnent des vêtements, font des retouches, etc. Petit à petit, ces activités leur rapportent un peu d’argent qu’elles se partagent entre elles avec joie. En plus des cours de couture, ces femmes bénéficient de sessions de formation humaine. Elles s’épanouissent, deviennent plus habiles, plus expérimentées et anticipent le jour où elles auront un contrat de travail en bonne et due forme. |
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Le vent dans les voiles Survient un imprévu. Sr Yolande doit quitter Petites-Mains; on a besoin d’elle en Zambie pour un Centre de couture. Mais en avril 2003, des raisons de santé l’obligent à revenir au Québec. L’oeuvre de Petites-Mains lui tient toujours à coeur… Sa convalescence terminée, elle s’y rend pour offrir à nouveau ses services. Sr Denise n’est plus là : elle est décédée le 1er février 2004. Mme Nahid Aboumansour a repris le flambeau et continue avec courage l’oeuvre qui prend de l’ampleur. Le Centre a le vent dans les voiles ! |
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Sr Yolande se réjouit des progrès réalisés en son absence. Lors de mon arrivée au Québec, Petites-Mains est situé sur la rue Côte-des-Neiges où tout un étage lui est alloué. C’est plus aéré et plus spacieux. Les dames touchent un modeste salaire et reçoivent une formation de six mois après quoi, le centre les aide à se trouver un emploi. Pour ma part, je les accueille à leur arrivée. Je les initie à l’utilisation des machines à coudre industrielles, droites et surjeteuses. Elles pratiquent d’abord sur du papier, puis sur du tissu. Pour évaluer leur dextérité, elles font différents exercices d’après un programme établi. Elles travaillent ensuite à la production : nous recevons des commandes de plusieurs compagnies, de l’armée, etc. Elles mettent alors en pratique tout ce qu’elles ont appris. C’est beau de voir leur joie de réussir ! Le Centre fonctionne selon un système de rotation : après leur six mois de formation, les plus avancées quittent pour un travail plus professionnel et mieux rémunéré; de nouvelles recrues les remplacent aussitôt. |
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Et aujourd’hui ? Quelle joie de voir s’épanouir ces femmes grâce à leurs succès et à l’avenir prometteur qui s’ouvre devant elles ! Elles sont très reconnaissantes. Actuellement, les dames nous arrivent de plus d’une soixantaine de pays; une quarantaine de bénévoles prêtent main-forte au Centre pour assurer la qualité et la pérennité de ce magnifique projet. Petites-Mains offre maintenant une foule d’activités à ses étudiantes : kiosques, soirées, présence dans les écoles, salons, entrevues à la radio, sans oublier les visites de Musées, de Galeries et les sorties culturelles à Montréal et à Québec. Autant de moyens d’initier ces femmes à leur nouvelle société. |
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Le Centre forme des travailleuses fières, sereines, assurées d’un avenir meilleur. Tel un fil conducteur, son objectif ultime est de trouver de l’emploi pour ces femmes immigrantes afin de leur permettre de prendre leur place dans la société et de participer au progrès de la région dans l’ouverture et le respect de la culture locale. Équitable depuis 10 ans déjà ! Dès sa fondation, Petites-Mains a mis l’accent sur le travail équitable et la lutte contre l’isolement, la discrimination, l’exploitation illégale et la violence envers les femmes. Le Comptoir du Centre est à la fois projet et lieu de vente de produits équitables. Il met en valeur le travail des étudiantes. Elles éprouvent un profond sentiment de fierté en voyant leurs créations mises en vente, puis achetées. Le Comptoir voit ses ventes augmenter de presque 300 %… Cette boutique sert de publicité pour le Centre et d’encouragement pour les participantes, mais c’est aussi un moyen pour Petites-Mains de prendre une plus grande part du commerce honnête, intègre, responsable. En plus d’être équitables, tous les produits du Centre sont de qualité supérieure. Conséquences ? Les clients sont fiers de leurs achats, heureux d’encourager des couturières soucieuses de l’excellence de leurs créations. Petites-Mains, c’est une ouverture sur un monde plus juste, plus fraternel, une invitation à y collaborer… Le Comptoir et le Café restaurant sont là pour vous accueillir… et vous offrir une saine détente dans un climat amical. Cordiale bienvenue !
Pour aller plus loin :
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