![]() Éveiller la conscience critique de la population, favoriser le développement des communautés rurales et urbaines par la création de programmes d'autogestion : voilà des moyens pratiques pour bâtir une société nouvelle axée sur les valeurs chrétiennes ! Après une absence de 15 ans, Sr Agnès Bouchard est retournée au Pérou. Avec reconnaissance, elle a cueilli de précieuses pépites d'or laissées par la présence MIC… Quel splendide cadeau pour ses noces d'or de vie religieuse !
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Le titre pépites d'or illustre bien mon vécu à Espinar, Cusco, Pérou où, pendant bon nombre d'années, j'ai travaillé avec le monde minier traditionnel et avec les mineurs artisans (les chercheurs d'or). Mon retour à Espinar 15 ans après la fermeture de la mission : voilà ma première pépite d'or. Nous voulions évaluer les impacts de la présence MIC, cibler les nouveaux savoirs des gens et nous demander : Est-ce que ça valait la peine de travailler à 4 000 mètres d'altitude, dans un climat froid, immergées dans un milieu culturel si différent du nôtre ? Des moments inoubliables ! Retrouver les autochtones quechua, les familles minières, les gens d'Espinar… Quelle amitié, quelle fraternité ! Pendant 19 ans, les MIC ont donné le meilleur d'elles-mêmes en cheminant avec ce peuple vers un plus être. Le processus a été long. La culture indigène a des caractéristiques bien particulières qui exigent une présence prolongée avant d'y avoir accès. Pour un peuple opprimé pendant des siècles, la confiance ne se donne pas à priori, elle se conquiert… Or, les gens des Andes se souviennent avec beaucoup d'affection et d'émotion des MIC qui ont travaillé à Espinar. Pour moi, c'est une autre pépite d'or. |
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Participer à la rencontre des familles minières d'Atalaya, quelle joie ! Pendant deux ans, les MIC ont soutenu leurs luttes. Aujourd'hui les 300 ex-travailleurs miniers d'Atalaya se réunissent chaque dimanche pour parfaire un processus légal et exiger du ministère de l'Énergie et des Mines la reconnaissance des droits acquis lors de la nationalisation du secteur minier sous le régime militaire (1968-1980). Par deux fois, le peuple d'Espinar s'est mobilisé pour revendiquer de la puissante transnationale minière suisse Xstrata le respect de l'environnement, des salaires plus équitables et proportionnels aux bénéfices de l'entreprise, des projets de développement pour Espinar afin d'avoir une économie plus stable. Espinar a obtenu un convenio marco, un contrat social. Nous avions appuyé les mineurs, conscientisé le peuple : n'est-ce pas là une autre pépite d'or ! Les gens sont plus conscientisés. Les femmes autochtones ont découvert leurs droits. La "Marche des femmes" du 8 mars (Journée internationale des femmes) m'a fortement impressionnée. Environ 200 femmes ont défilé dans les rues en demandant respect, égalité, travail, protection de l'environnement… C'est le résultat du travail des MIC qui, à travers les clubs de mères de familles, la promotion féminine, les jardins familiaux et communautaires, ont réuni les femmes paysannes des petits villages ou des zones périphériques. Aujourd'hui, la Fédération des femmes d'Espinar regroupe 26 associations : quelle magnifique pépite d'or ! Dans la communauté rurale d'Apachacco, le projet d'eau potable a été un déclencheur pour ce village isolé, très pauvre. Grâce à l'eau potable obtenue, les gens ont pu irriguer leur lopin de terre, améliorer la production de la pomme de terre et les pâturages. Aujourd'hui Apachacco a son centre de formation et de production agricole, son école secondaire, son centre sanitaire, son comité de production… Une splendide pépite d'or pour les MIC ! L'Institut technologique d'Espinar auquel la paroisse et les MIC ont collaboré pour qu'il devienne réalité, répond à un besoin de la jeunesse d'Espinar et des provinces voisines. Plus de 650 étudiants et étudiantes se forment dans l'une ou l'autre des cinq spécialités : techniques infirmières, agriculture, techniques minières, mécanique, informatique. C'est un Institut de pointe pour certaines spécialités et les jeunes y reçoivent une préparation adéquate afin de servir leur région. N'est-ce pas que c'est une belle pépite d'or ! La Coopérative Awaq K'ana, aidée par les MIC de jadis, est sans doute aussi une pépite d'or. Cette Coopérative a beaucoup contribué au développement artisanal d'Espinar. Pendant 20 ans, les artisans ont réalisé une gigantesque toile d'araignée : ils ont tissé de multiples liens aux niveaux local, régional, national et international. Cette coopérative a développé une mentalité entrepreneuriale à Espinar. Aujourd'hui, nous voyons une variété de petites entreprises familiales ou communautaires qui plus tard alimenteront les marchés régionaux et nationaux. |
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En mars 2007, notre participation à l'Assemblée pastorale paroissiale s'est avérée un moment fort pour recueillir une autre pépite d'or. Plus de 80 personnes (catéchètes, agents et agentes de pastorale assumant divers ministères au niveau de la paroisse) se sont penchées sur la mission et la vision de l'Église d'Espinar. C'est là que j'ai saisi à quel point la communauté chrétienne a progressé dans son agir et dans son savoir dire. La semence jetée en terre par les MIC, au rythme des Andes, a germé, grandi dans le silence et donne des fruits abondants dans les familles, dans les communautés rurales et dans le peuple de Yauri. Toutes ces pépites d'or, on les retrouve résumées dans ce touchant témoignage de la communauté rurale d'Apachacco, donné le 3 avril 2007, 16 ans après la fermeture de la mission de Yauri : Qankunaqa kausayta qowarkankichis. Vous nous avez donné de la vie. Et spontanément jaillit la réponse des MIC qui ont travaillé à Espinar : Vous aussi, vous nous avez donné… de la vie ! |