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Une soif à combler ! Changer de direction ne
va pas de soi… Mariée, mère et grand'mère, Monique a
pris du temps pour reconnaître l'appel du Seigneur. Avec courage, elle a
suivi sa voix intérieure et pris les décisions qui s'imposaient.
Une histoire vraie… et passionnante !
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Que pouvais-je demander de plus ? J'étais comptable agréée, cadre d'entreprise avec un certain pouvoir, j'avais l'estime de mes employés et de mes collègues de travail, une bonne sécurité financière. N'est-ce pas ce que toute personne désire, le pouvoir, l'estime et l'avoir ? Pourtant, je sentais un grand vide en moi. J'avais reçu une éducation chrétienne, mais j'avais cessé de pratiquer depuis longtemps. À l'occasion, je me rendais à l'église, mais tout cela ne représentait plus rien pour moi. Je me sentais triste… et pourtant une soif de vrai, de bon, de dépassement m'habitait. |
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Une lumière a jailli Ma fille Isabelle vivait durement sa crise d'adolescence. Je me culpabilisais en me disant que je n'étais pas une bonne mère. Un soir, désespérée, j'ai crié : Dieu, si vraiment tu existes, fais quelque chose ! Et Il a entendu. Quand un pauvre crie, le Seigneur entend (Ps 33). Un jour où j'assistais à la messe, j'ai été touchée par l'homélie donnée par un représentant de Développement et Paix sur les besoins de l'Afrique. Je me suis souvenue qu'à l'âge de 14 ans, une soeur missionnaire avait aussi prêché sur l'Afrique. À la sortie de l'église, je voulais partir avec elle, je voulais êetre une soeur missionnaire. Ma mère m'a rappelée à la raison. J'étais trop jeune. Ce dimanche-là, 23 ans plus tard, j'ai ressenti le même tressaillement, le même appel. Venait de jaillir une lumière qui a transformé ma vie. Mon Dieu m'appelait, je serais sa missionnaire laïque. Je pourrais partir avec ma fille Isabelle… Découverte et émerveillement J'ai contacté les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception. Dans ma formation au laïcat missionnaire, j'ai découvert une Église ouverte, accueillante. Je m'émerveillais de rencontrer des personnes qui partageaient les mêmes valeurs, les mêmes aspirations. Je n'étais plus isolée dans ma foi, elle était partagée et je pouvais la vivre avec d'autres. À mon travail, j'avais changé. J'accordais plus d'importance aux personnes, j'organisais des bazars pour venir en aide aux itinérants, aux femmes violentées, aux personnes atteintes du sida. Quelques années plus tard, Isabelle, en âge de prendre ses responsabilités, a quitté la maison. Libre, je pouvais partir comme missionnaire laïque. Mais, l'enthousiasme n'y était pas ; pourtant j'avais nourri ce rêve pendant des années. Le désir d'être religieuse revenait à la surface, mais cela n'avait pas de bon sens… j'étais mère, grand-mère, divorcée ! J'avais entrepris les démarches pour l'annulation de mon mariage, mais le processus durerait des années. Le désir de suivre radicalement Jésus Christ pour toujours, comme religieuse, était très fort en moi. Des soeurs MIC ont cru à ma vocation et m'ont invitée à cheminer avec la communauté. Je débordais de joie, je goûtais au rien n'est impossible à Dieu (Luc 1,37). Mon rêve le plus profond, nourri depuis si longtemps, commençait à se réaliser. |
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Une expérience missionnaire de qualité Après des études en pastorale, je suis allée comme missionnaire laïque en Bolivie où, après quelque temps, j'ai fait mon entrée au postulat. Ensuite, j'ai fait au Pérou mes deux années de noviciat. Chaque étape de formation et chaque peuple rencontré m'ont amenée à connaître des visages différents de Dieu et à l'aimer plus que tout, à centrer toute ma vie sur Lui et sur la Mission. Mon vide est comblé, je ne suis plus seule : Dieu est avec moi, Celui que mon coeur avait toujours désiré ! Quant à Isabelle, elle m'a toujours soutenue dans ma vocation, respectant elle aussi la volonté de Dieu, me disant qu'elle ne part pas physiquement avec moi en mission, mais qu'elle est solidaire de ce que je vis. |
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Ma vie missionnaire Après mes voeux perpétuels, je suis partie pour la mission à Cuba. Entrer dans la réalité communiste fut tout un choc culturel ! Je partais avec mes préjugés, pensant que les Cubains mangeaient tous à leur faim, avaient tous reçu une éducation supérieure et profitaient du meilleur service de santé au monde. J'ai découvert la réalité : pauvreté, corruption, manque de liberté… Je me sentais révoltée. Je me suis laissé envahir par le climat de méfiance, de non-confiance créé par le système. Je le vivais personnellement. Heureusement, mes soeurs MIC cubaines m'ont accueillie avec patience et respect, attendant que je me confie pour m'accompagner dans les pas que j'avais à faire dans l'humilité et dans l'esprit de service. Il y a beaucoup de deuils à vivre. Dans ces dépouillements, on réalise que sa propre volonté ne suffit pas, mais que l'on a besoin d'un Sauveur. Si l'on n'est pas centré sur sa mission, sur sa foi dans le Christ, on peut mourir sans ressusciter ! Je me suis ouvert les yeux et j'ai découvert des chrétiens qui, depuis 48 ans de révolution, luttent contre la désespérance de leur peuple. Ils sont vigilants dans leur foi malgré les persécutions, même si des membres de leur famille ont été emprisonnés et ont dû s'exiler aux États-Unis. Ce n'est que par une action discrète qu'ils peuvent semer la graine de la foi, de l'espérance, de la charité en étant convaincus que Dieu la fera croître et mûrir. C'est ainsi qu'ils témoignent de leur foi. J'admire leur fidélité et je vis avec eux l'action de grâces. Je suis maintenant au Québec où ma communauté a besoin de moi. Je suis heureuse dans mon rêve réalisé et dans ma soif comblée comme religieuse missionnaire. L'amour, le service et le partage sont ma joie quotidienne dans le don de mon être au Christ pour toujours. |