La Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée comme fondement de l'Organisation des Nations Unies le 10 décembre 1948. Elle est partagée aujourd'hui par les 191 pays qui en font partie. L'article 18 de cette Déclaration s'énonce comme suit :

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Mais, dans le concret de la vie, qu'en est-il de cette liberté religieuse dans notre vaste monde ?

Algérie

Souvent vus comme des étrangers, la plupart des chrétiens de l'Algérie sont effectivement d'origine étrangère. Dans la montée de l'islam fondamentaliste au début de 2008, on accuse la presse algérienne d'alimenter l'intolérance en donnant une importance excessive aux histoires de musulmans qui se convertissent au christianisme.

En mai 2007, les autorités locales avaient invité tous les catholiques présents à quitter l'Algérie.


Arabie saoudite

L'Arabie saoudite rejette la liberté religieuse même en principe. Le royaume se proclame intégralement islamique ; il considère le Coran comme la seule Constitution du pays et la charia, comme sa loi fondamentale. Toute expression d'une foi non musulmane, comme la possession d'une bible, le port d'un crucifix ou la prière en public, est interdite.


Bosnie-Herzégovine

Même si la liberté religieuse est enchâssée dans la Constitution de 1995, on assiste à des cas alarmants de discrimination et de violence. Musulmans, catholiques et orthodoxes serbes témoignent tous de cas d'agression et d'intolérance religieuse.

Au cours de 2007, l'Église catholique, l'Église orthodoxe serbe, de même que les communautés protestantes et musulmanes ont toutes subi des attaques et du vandalisme.


Bangladesh

En 2007 et 2008, une augmentation dramatique de l'activité des extrémistes alarme les chrétiens et les autres groupes minoritaires. Selon les rapports, les chrétiens n'ont plus de protection, en dépit d'une Constitution qui considère la liberté de religion comme une priorité. Les groupes extrémistes exercent des pressions sur les chrétiens pour les convertir en les menaçant parfois avec violence.


Corée du Nord

Le régime communiste de Kim Jong-ll prétend que le pays jouit de la liberté religieuse. En réalité, la situation est fort différente : le gouvernement communiste exige que les fidèles se joignent à des organisations contrôlées par le Parti.


Cuba

Presque 50 ans après la prise du pouvoir par Fidel Castro, le contrôle strict sur les activités religieuses à Cuba commence à se relâcher. Le moment où Fidel cède officiellement le pouvoir à Raùl, coïncide avec la visite du secrétaire d'État du Vatican, à Cuba. Ce voyage éveille dans la population l'espoir d'un nouveau printemps pour la vie et la pratique religieuse.


Égypte

La montée d'un mouvement islamique extrémiste accroît la pression sur les chrétiens d'Égypte. Or, ce pays compte la plus importante population chrétienne du Moyen-Orient, soit plus de quatre millions. En dépit de leur nombre important, les chrétiens, surtout des orthodoxes coptes, sont maintenant réduits à l'état de citoyens de deuxième classe.


Inde

À la fin de 2007, dans l'état d'Orissa, les célébrations de Noël ont été interrompues en catastrophe quand des fanatiques hindous se sont déchaînés. Ils ont attaqué 70 églises et autres institutions chrétiennes; 500 maisons de chrétiens ont été détruites. Cette attaque a tiré l'alarme quant à la situation critique des chrétiens dans certaines parties du pays.


Irak

L'enlèvement et la mort de l'archevêque P. F. Rahho, au début de 2008, choque le monde et le force à reconnaître l'un des aspects de la crise iraquienne jusqu'alors passé sous silence : l'Église subit actuellement une vague de persécutions. Et les assauts contre les chrétiens iraquiens deviennent aussi sanglants qu'implacables.


Iran

Suscitant une inquiétude grandissante au plan international, le président Ahmadinejad a commencé à propager des idées révolutionnaires dans son pays, la principale nation musulmane chiite du monde. Petit à petit, l'État a adopté une approche rigide et une vision intransigeante de l'islam. Ce qui exerce des pressions croissantes sur les groupes minoritaires !


Liban

L'article 9 de la Constitution du Liban assure le respect de toutes les religions et leur garantit l'autonomie sur des questions comme le mariage et les héritages. Les divers groupes religieux sont représentés au Parlement selon des quotas fixes : le président de la République est toujours un catholique maronite, le président du Conseil des ministres est un musulman sunnite et l'orateur du Parlement doit être un musulman chiite. Le Liban a depuis longtemps la réputation d'être le meilleur pays du Moyen-Orient en termes de liberté religieuse.


Nigeria

La victoire d'Umaru Yar'Adua, aux élections présidentielles d'avril 2007, pourrait s'avérer cruciale pour déterminer l'issue des tensions religieuses qui durent depuis longtemps au Nigeria. En tant que président, le musulman Yar'Adua a fait serment de respecter l'engagement de son prédécesseur pour assurer la cohésion sociale et religieuse. Mais on ne voit aucun signe qui puisse laisser croire que les tensions du passé vont disparaître…


Pakistan

En décembre 2007, l'assassinat de Benazir Bhutto a uni temporairement un pays en pleurs : Mgr Joseph Coutts a remarqué des niveaux de coopération sans précédent entre chrétiens et musulmans. Pour bien des chrétiens, Bhutto et son Parti représentaient une promesse de droits égaux. Au cours des dernières années, il y a eu une augmentation dramatique du nombre des attaques contre les minorités religieuses dans le pays.


Russie

La prédominante Église orthodoxe russe résiste encore à la présence d'autres communautés chrétiennes en Russie. Toutefois, son attitude glaciale envers l'Église catholique commence à se réchauffer grâce à certaines circonstances qui rapprochent les deux Églises.


Vietnam

Entrée en vigueur en février 2007, une nouvelle loi sur les religions considère les diverses confessions du pays comme des forces sociales qui peuvent et doivent contribuer à son progrès, sous la houlette du Parti communiste.


Zimbabwe

La Constitution amendée en 2000 accorde une grande liberté de religion. Mais en pratique, ce droit n'est pas toujours respecté. Le gouvernement a continué à malmener et à intimider les chefs religieux qui dénoncent les abus contre les droits humains commis par les pouvoirs publics.

cf. Rapport sur les chrétiens opprimés à cause de leur foi 2007-2008. Publié par l'Aide à l'Église en Détresse.
(Illustration : couverture du rapport)

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