FEMMES EN CHEMIN
Comme Marie et élisabeth, comme notre Fondatrice Délia Tétreault et les MIC d'hier, d'aujourd'hui et de demain, nous sommes conscientes d'être porteuses d'une mission qui nous enthousiasme.
Elle avait à peine 15 ans. Elle s'appelait Marie. Fascinée par l'infini, elle avait des rêves, pour aujourd'hui et pour demain. Prélude d'épousailles et d'enfants à porter. Et puis, tout a basculé. Une visite, une invitation ont soudain tout transformé, ont fait éclater ses rêves, prenant des dimensions insoupçonnées, à la mesure de Yahvé.
Et l'ange la quitta...
Dans la solitude de son mystère, dans le trop plein de son coeur, encore toute bouleversée de questions, elle se tourna vers Élizabeth. S'étant levée, Marie partit en hâte vers la montagne pour se rendre dans une ville de Juda (Lc 1,39). Elle ne regarde pas les distances, ni les désagréments ou les risques éventuels; elle ne calcule pas son temps, ne mesure pas sa fatigue. Enveloppée d'Esprit Saint, Marie se met en voyage. À dos d'âne, sur une route tortueuse et peu sûre où chaque tournant cache un possible danger, elle part d'un pas alerte et d'un coeur joyeux. Ce qui remplit son coeur donne des ailes à ses pieds.
De Nazareth à Aïn Karim, du Fiat au Magnificat, pèlerine de la foi et du OUI total au projet de Dieu, elle part. L'amour qu'elle porte, a forme d'action de grâces et, dans le silence de son coeur, dessine les jaillissements d'un Magnificat. Un chant, une prière, une danse, tissés à même l'histoire de son peuple, entrecroisés des désirs de son coeur et de ceux de son Dieu. Le silence fait mûrir la Parole. La fécondité et la beauté du Magnificat naissent d'un recueillement profond sur le chemin qui mène à la montagne.
La joie de Marie est débordante, contagieuse, bouleversante. Elle est habitée d'un Dieu de bonheur et de sourire. Marcheuse infatigable, elle porte dans son baluchon de pèlerine, la carte routière de l'action de grâce qui donne sens à son voyage.
Sur ton passage tu répands l'abondance (...), tout chante et crie de joie. (Ps 65,12-14)
Elles avaient à peine 20 ans. Elles s'appelaient Délia, Joséphine, Thérèse. Elles étaient portées, envoyées par un rêve qui les dépassait, donnait goût de vie à leurs gestes quotidiens; des rêves pétris de joie, de partage et de solidarité, des rêves d'amour et de liberté.
S'étant levées, elles partaient pour toujours, avec pour seul bagage un OUI dont, à la manière de Marie, elles ne connaissaient pas toute la portée. Avec au coeur une folle confiance et toute l'ardeur de leurs jeunes années; au nom de l'Amour venu sceller une alliance, elles ont foulé le sol d'ici et d'ailleurs : Chine, première terre de notre premier envoi. Joyeusement, elles irriguèrent des champs dont elles ne virent pas toujours les récoltes. Les obstacles jonchant leurs parcours ne les décourageaient pas. Elles faisaient face patiemment, courageusement et même en chantant, tant était forte leur assurance en Celui sur qui elles avaient tout misé. Amoureusement Marie guidait leur main pour planter quelques fleurs dans le grand jardin de l'humanité.
Jour après jour, les années s'ajoutant aux années, le champ de la mission faisait éclater les frontières, et bien d'autres peuples les accueillirent dans leurs maisons et dans leurs coeurs. Joies, peines, souffrances, bonheur, dans la guerre ou dans la paix, une note appelant l'autre, une symphonie prenait naissance et faisait chanter les coeurs. Avec Marie pour compagne, elles écrivaient leur aujourd'hui sur une portée de louange. Comme un prisme capte la lumière, elles étaient là coeur et mains ouvertes, réceptives et accueillantes à leur Dieu et aux cris de leurs frères et soeurs, laissant tout jaillir en couleur de Magnificat. À leur insu, elles écrivaient l'histoire, elles préparaient la route de tant d'autres qui, au moment voulu, joindraient leurs efforts et leur amour à celui de leurs devancières. Ensemble, femmes en marche, portées par un chant d'action de grâces, elles nous ont tracé la route et aujourd'hui nous invitent à prendre le relais.
Marie et Élizabeth : deux femmes tendues vers l'avenir de leurs entrailles, deux femmes qui portaient en elles un mystère ineffable, un miracle merveilleux. Comme Marie et Élizabeth, comme notre Fondatrice Délia et les soeurs MIC d'hier, aujourd'hui et demain, nous sommes conscientes d'être porteuses d'une mission commune, de collaborer ensemble à un projet grandiose qui nous enthousiasme, nous fait exploser en bénédictions et en chants de louange. Nous sommes femmes et avec Marie, lieu de gestation de la nouveauté, sein du futur, terrain de l'avènement de Dieu.
Hier, en passant par aujourd'hui, se fraie un chemin vers demain. Il nous appartient, comme autrefois à nos soeurs MIC, d'oser prendre le risque. La force de la vie, de Sa vie, jaillira dans le cri d'une nouvelle naissance.
Comme Marie, nous pouvons demander: Comment cela se fera-t-il? mais aussi comme Marie, nous pouvons partir en hâte sûres de Sa présence et plus encore de Son amour. Même si, pour certaines, le poids des ans rend la marche un peu plus lourde, le coeur n'a rien perdu de l'audace de ses rêves. Qui mieux que Marie du Magnificat peut nous inciter à révéler les merveilles de Dieu dans l'aujourd'hui de ce temps?
Devant ces routes qui s'ouvrent sous nos pas incertains, nous te prions Marie, donne à nos vies des odeurs de vent du large et la cadence joyeuse de la bonne nouvelle. Quand nous nous attardons à l'intérieur de nos maisons, là où les cris de l'humanité ne parviennent pas, donne-nous le courage de sortir, de quitter nos sécurités.
Celui qui a commencé cette oeuvre excellente, ne nous ouvre-t-il pas d'autres horizons et comment pourrions-nous douter de Sa présence à nos côtés pour en poursuivre l'accomplissement?
À Sara qui riait l'ange a répondu : Y a-t-il rien de trop merveilleux pour le Seigneur? (Gn 18,14)
À la question de Marie l'ange a répondu : Rien n'est impossible à Dieu. (Lc 1,37)
C'est pour toi et pour moi que ces mots ont été écrits.
Oserons-nous y croire...
Avec Marie, avançons résolument sur le chemin de la mission.
par Monique Bigras, m.i.c.