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La fleur de la Mohawk - Clarté-du-ciel Aux États-Unis et au Canada, les Amérindiens catholiques demandent instamment la canonisation de Kateri Tekakwitha. Béatifiée par le pape Jean-Paul II le 22 juin 1980, Kateri est la première bienheureuse autochtone du continent nord-américain et, dans l'Église universelle, la seconde patronne des missions. Mais qui donc est cette jeune personne… si lointaine dans notre mémoire d’allochtones ? par Carole Guévin En 1656, Kateri Tekakwitha naît à Ossernenon (Auriesville, New York) d'une mère algonquienne chrétienne, Kahenta (Fleur-de-la-Prairie), et d'un père mohawk, Ken-Ho-Ron-Kuo (Grand-Chef-des-Prairies). |
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Baptême spirituel De ce mariage, deux enfants étaient nés; un garçon et, 24 lunes passées, par une belle journée ensoleillée, une jolie petite fille voit le jour. Fleur-de-la-Prairie porte dans son coeur le désir de faire baptiser cette enfant. Pour louer le Grand Esprit, elle s'avance dans la nature, élève sa nouveau-née au bout de ses bras, la presse contre son coeur et prononce trois mots : Clarté-du-Ciel, ce qui signifie belle journée ensoleillée. Ce baptême spirituel est célébré avec la plus grande discrétion. À quatre ans, Clarté-du-Ciel perd toute sa famille, victime d’une épidémie de variole. Elle échappe à la mort, mais la maladie lui laisse des séquelles permanentes : une faiblesse générale, des marques sur son visage et des yeux affaiblis, incapables de supporter la lumière. Son oncle l'adopte. La voyant tituber, il lui tend les bras et spontanément l'appelle : Tekakwitha (celle qui marche à tâtons) ! Toute jeune encore, elle manifeste des dispositions d'âme exceptionnelles; elle semble naturellement chrétienne. Les Jésuites qui la rencontrent sont surpris par son comportement et sa foi catholique. Intelligente, aimable et adroite, la jeune fille participe activement aux tâches de la communauté, travaillant à la cueillette des fruits sauvages et au séchage des viandes. On la dit aussi très habile pour décorer des mocassins et des vêtements de peau. |
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Joie et luttes de ses 20 ans À l'âge de 20 ans, Tekakwitha est enfin admise au baptême. Il sera célébré à New York par le Père Lamberville, s.j., et on lui donnera le nom de Kateri. Quelle joie pour elle de devenir enfant de Dieu ! Mais son oncle voit d'un mauvais oeil qu'elle soit passée à la religion catholique. Or, la coutume veut qu'une adolescente prenne mari. On lui cherche donc un mari convenable ! Malgré l'insistance des siens, Kateri refuse catégoriquement de se marier et décide de rester unie au Grand Créateur, en vivant selon le modèle chrétien de l'époque. Kateri doit lutter fort pour protéger sa foi. Elle ne cesse de subir les méchancetés et les railleries de son milieu. Pour éviter la persécution, elle s'évade… Elle s'en va vivre au Canada, à la mission Saint-François-Xavier, au Sault-Saint-Louis (aujourd'hui la réserve de Kahnawake), sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. Kateri a le coeur rempli de joie et de paix; elle est heureuse dans son nouveau milieu de vie. Aussitôt son travail terminé, la jeune fille se retire dans la forêt pour prier. Une petite croix taillée dans l'écorce devient son objet de piété inséparable ! Elle se livre à la contemplation, des heures et des heures. Chaque matin, Kateri assiste à la messe. Elle est aussi fidèle que les étoiles du firmament. Une visite chez les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal l'inspire à fonder une communauté religieuse autochtone. Mais son projet ne pourra se réaliser, car elle meurt le 17 avril 1680, à l’âge de 24 ans. On raconte que moins d'un quart d'heure après sa mort, son visage est devenu d'une beauté et d'une clarté… du ciel ! |
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L'esprit missionnaire de Tekakwitha : source d'inspiration Les Amérindiens d'Amérique du Nord ont reconnu Kateri comme l'une des leurs. Demeurée fidèle à son Grand Créateur, elle a touché les siens. La dévotion à cette jeune autochtone s'est répandue au Canada, aux États-Unis et à travers le monde. Chaque année, les pèlerinages se multiplient à Auriesville et à Kahnawake où des milliers de pèlerins de divers pays viennent vénérer celle qui demeure encore aujourd'hui une source d'inspiration ! Le Tekakwitha Conference se veut un rassemblement annuel pour unifier les catholiques autochtones d'Amérique du Nord et accélérer la canonisation de la biennheureuse Kateri Tekakwitha. Lors de cet événement, une messe est célébrée avec la musique traditionnelle autochtone accompagnée de tambours et de chants. Le rite pénitentiel utilise des bâtons composés de feuilles de sauge et de petites branches de cèdre brûlées selon la coutume amérindienne des rites de purification. La Conférence permet aux Amérindiens de mieux célébrer leur foi catholique tout en sauvegardant leur héritage culturel. |
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Le Centre Wampum, dirigé par Marie-Laure Simon, c.n.d., est une autre manifestation de l'esprit missionnaire de Kateri aujourd'hui. Ce Centre a pour mission de favoriser le dialogue interculturel et interreligieux des communautés autochtones et allochtones du Québec afin que ces communautés puissent mieux se connaître, communiquer entre elles et échanger sur les questions relatives à la culture et à la spiritualité des Premières Nations. Inspirée par l'esprit missionnaire de Kateri, Sr Marie-Laure donne aussi des conférences dans différents milieux culturels. Les cultures autochtones ont une dimension religieuse; les peuples autochtones sont profondément spirituels. Leur milieu de vie demeure un milieu divin où le sacré domine toute la vie individuelle et collective des Améridiens. Kateri Tekakwitha fait partie de notre histoire, de cette grande histoire. Serions-nous invités à bâtir des ponts, à briser nos préjugés qui ont façonné notre agir, à nous rapprocher de nos frères et soeurs avec un respect sincère de leurs manières de penser, d'être et de vivre. S'ouvrir à la richesse de cette culture, n'est-ce pas contribuer à célébrer la vie !
Centre Wampum
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