PEUT-ON CHOISIR DE VIVRE DANS LA JOIE ?
LES FONDEMENTS DE LA JOIE SELON LA SCIENCE
Autant pour la femme que pour l’homme, l’émotion de joie éclate de façon spontanée et le sentiment de joie s’élabore dans le temps. L’apprentissage pour accueillir ou créer ces expériences humaines peut se faire tout naturellement, être appris ou même enseigné.
par Marie-Paul Ross, m.i.c.
La joie est une molécule inscrite dans l’âme et dans chaque cellule du corps, tout comme la détresse qui est son opposé. Cet état influencé par l’expérience affective réclame constamment le bien-être. La pulsion affective d’une personne invite dans le sens de l’amour et de la vie, donc dans le sens de la plénitude, dans la joie. Si l’humain prend le temps de faire silence en soi, il ressent le message d’une joie profonde ou d’une joie émotionnelle. Cette expérience d’écoute peut aussi indiquer des obstacles à la joie. Il y a plus encore, l’être humain attentif à sa nature profonde découvre que la joie est son pain quotidien. Cet état fragile, à la fois envahissant, peut se traduire au féminin ou au masculin en étant une émotion ou un sentiment.
Il y a différentes expériences de joie : la joie explosive dans le tapage d’un « party », le bonheur sur mesure, la joie immédiate, passagère, hystérique ou euphorique. Il y a aussi des expériences tout autres de joie qui s’expérimentent dans la simplicité du quotidien.
MON CHOIX EST DE VIVRE DANS LA JOIE
Jeunes et moins jeunes trouvent la joie dans la contemplation de la nature. Celle-ci nous entoure de sa beauté, de sa fraîcheur, de sa fécondité. Elle nous invite à nous réjouir au fil des saisons. L’automne revêt les montagnes de couleurs splendides et nous apporte les fruits de la moisson. L’hiver s’annonce avec des flocons de neige qui dansent en tombant, puis cette neige revêt d’une blancheur éclatante les sapins et les arbres dénudés de leurs feuilles. Au printemps, c’est la joie du perce-neige qui annonce la fin de l’hiver, du bourgeon qui éclate, des pommiers en fleurs, de la vie qui renaît. Puis, l’été nous arrive avec ses longues journées ensoleillées, des levers et des couchers de soleil magnifiques. Toute l’abondance d’une nature en pleine effervescence est déployée.
Des moments de joie se vivent dans la simplicité des relations. Le sourire d’un enfant réveille en nous la joie de l’innocence et de la transparence. Le rêve d’avenir du jeune couple ouvre à une joie pleine d’espérance. Le visage plissé d’un vieillard reflète la sérénité d’une vie accomplie.
La famille rassemblée autour d’une table bien garnie célèbre la joie des événements marquants: noces, baptêmes, anniversaires de toutes sortes aussi bien que les humbles repas de tous les jours. La joie d’une découverte, d’un travail réussi, d’une créativité exprimée, d’une santé récupérée… la joie de l’anticipation. La vie nous a été donnée et nous sommes appelés à engendrer la joie sur terre.
Plus qu’une émotion, plus qu’un sentiment, la joie est une flamme qui monte de l’intérieur, du plus profond de notre être pour illuminer notre visage et révéler l’Amour qui nous habite.
UN BRIN DE SCIENCE POUR COMPRENDRE
LE CHOIX DE VIVRE DANS LA JOIE
La joie, tout comme la tristesse, est une émotion qui
peut jaillir dans tout son être de façon spontanée tout
comme elle peut s’élaborer par choix. À l’âge adulte, la joie
ne dépend pas de l’autre, mais de soi.
Dans le cerveau humain, un groupe de neurones tiennent le rôle particulier d’enclencher des réactions. Sous l’influence particulière de l’hormone dopamine, le mécanisme du plaisir s’active. L’apprentissage motive la répétition. La joie suit le même courant neurologique que le plaisir. Le facteur essentiel est l’expérience affective d’un individu. La personne désensibilisée ou blessée dans son affectif peut chercher du plaisir vide de sens humain et elle peut aussi devenir dépendante de pratiques de joie dissociées des valeurs essentielles à l’amour. Le fonctionnement du système neurotransmetteur est fortement lié à la sensibilité et à l’expérience affective d’un individu ; il appartient à l’individu d’assurer son bien-être affectif pour vivre dans la joie.
LA JOIE EST SOURCE DE SANTÉ
L’expression « s’en donner à coeur joie » peut être une joie déshumanisante, une fausse joie ou l’expression d’un accomplissement humain. Étant la même région du cerveau qui est touchée par le plaisir, la tristesse, la joie ajustée ou désajustée à l’amour, c’est donc la sensibilité et le choix affectif d’une personne qui font que l’émotion ou le sentiment de joie sont inhibés ou développés.
Les être humains en bonne santé psychique arrivent à modifier l’activité de la sérotonine. Ils ne demeurent pas dans des joies superficielles ni dans la tristesse sans fin. Une caractéristique de l’adulte est de pouvoir choisir la santé et de la promouvoir. La joie est source de santé et nous sommes invités à la produire dans l’équilibre d’un quotidien.
UNE HISTOIRE
LA JOIE DONNE DE LA SAVEUR À LA VIE.
Il suffit de désengager les circuits cérébraux
qui portent la tristesse pour engendrer la joie.
Voici le fait vécu d’un homme de trente-six ans que je nomme Jules.
Jules se lève un matin, amoché par le « party » de la veille. Comme toujours, il prend son petit déjeuner. La radio ouverte, il a pris l’habitude d’entendre parfois du rock et parfois des flashs publicitaires. En croquant sa rôtie, il se demande ce qu’il « foute » sur la terre. Il n’a plus le goût de continuer cette routine qu’il nomme « cercle plat ». Il se déclare malade pour éviter de se rendre à son travail.
Ne sachant que faire de son temps, il communique avec un ami pour lui exprimer son découragement. La conversation est courte puisque Jules partage souvent le même discours.
« Ah ! oui ? Pourquoi restes-tu comme ça?». Jules répond: « C’est ma… vie » et l’ami se fait ami pour vrai. « Et bien Jules, ou bien tu continues avec ta… de vie, ou tu utilises ton corps et ton cerveau pour vivre en homme. » Après un silence, Jules se fâche et lui dit : « Tu ne sais pas ce que je vis. » La réponse ne se fait pas attendre. « Écoute bien, la vie humaine est la même pour tous, il y a des bouts «tough» et des bouts plus faciles; tout dépend de ce que l’on fait avec ce que l’on est.Va marcher dans le bois et écoute ce que te disent les arbres : ce sont les meilleurs amis. » Après un salut bref et sec, le téléphone était déjà fermé.
JE PEUX VIVRE DANS LA JOIE
Malgré le manque de sympathie de son ami, Jules fit ce qui lui était conseillé. Il partit avec, au dos, trois bouteilles d’eau, des noix et quelques pommes et s’en alla passer la journée dans le bois qu’il ne connaissait pas, mais qui se trouvait à moins d’un kilomètre de sa résidence. Il marchait, regardait les arbres et se demandait comment ces espèces pouvaient lui parler. Après deux heures de marche, il se mit à respirer profondément, à regarder l’horizon, à laisser ballotter ses bras; son pas devint plus agile, le corps droit et vibrant de joie. Au fond de lui, une réalité était devenue claire : « Je suis un homme, je peux vivre dans la joie. » Durant cette journée de « maladie », il mit ses neurotransmetteurs en action et, au lieu de laisser les circuits cérébraux s’engorger de tristesse, il utilisa les mêmes structures biophysiques pour créer en lui un état de joie qui donne de la saveur à la vie. Ce jour-là, grâce à l’attitude de son ami, il apprit l’essentiel pour vivre sur la terre et cesser de survivre.
Jules a donc désengagé dans son cerveau les circuits qui portent la tristesse pour engendrer la joie.
À propos de l’auteure :
Sr Marie-Paul M.A., Ph.D.
Sexologue clinicienne
Praticienne certifiée EMDR
Fondatrice de l’IIDI (Institut
international de développement
intégral, à Québec)
Site Internet :
iidicanada
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