Bien plus qu'un rêve

La vie missionnaire qui mobilise plus de cinq cents MIC ici et là dans le monde n'a pas manqué d'attirer également des personnes laïques dans des projets de collaboration et de partage, avec leur sens humanitaire et au nom de leur foi.
par Agathe Durand, m.i.c.

AU FIL DES APPELS MISSIONNAIRES

Fascinée par un « ailleurs », prête à tout laisser, une Lise, toute jeune encore, s'est jointe à l'équipe des MIC de La Paz en Bolivie : les enfants surtout ont bénéficié de ses années de présence missionnaire. Une Myriam s'est à son tour dépaysée au point de demeurer cinq ans à Taïwan et d'apprendre le mandarin afin d'exercer sa compétence en gériatrie et de partager le meilleur d'elle-même. La famille de Michel et Monique s'est déplacée durant trois ans à Madagascar avec deux fillettes, en réponse à un appel de l'Église locale correspondant à leur ardent désir de servir dans la mission. Une Carole se demande encore comment elle a pu traverser les défis d'un engagement impliquant la langue arabe et les coutumes musulmanes, si ce n'est par la capacité de sortie de soi caractéristique d'une vocation dans la « mission de Jésus ». Une Dominique, une Kateri n'ont pas eu trop de deux ans et plus de terrain à Cochabamba pour apprivoiser une jeunesse et des familles défavorisées et partager avec l'équipe missionnaire la joie d'actualiser l'Évangile et de servir au quotidien.

Des infirmières telles Angèle, Lucienne, Caroline et Pauline demeurent marquées par l'expérience de Bolivie, du Liban et du Malawi où la proximité des gens et les soins donnés ont été « Bonne Nouvelle » de parts et d'autres. Gabrielle, avec son don de catéchète et d'éducatrice, a vu sa vie se transformer au contact durable des populations péruviennes. Huguette, mère et grand-mère, se réjouit des projets à l'étranger de ses petits-enfants, elle qui a tant aimé l'Afrique de ses années d'engagement missionnaire. Et puis, il faut entendre Nathalie raconter son travail, sa présence et ses amitiés avec les personnes handicapées et leurs familles, avec des gens d'autres cultures et religions, pour réaliser l'impact de sa mission sur sa vie et celle des gens de Madagascar et d'ailleurs. Quant à Nicole, ses innombrables envols d'hôtesse de l'air n'ont rien eu de comparable, pour elle, à son expérience de trois ans à Hong Kong, auprès des enfants et avec les MIC.

Chaque histoire est unique ! Il faut participer à des journées de retrouvailles pour saisir à quel point la vie partagée avec d'autres peuples, le service au coeur d'autres cultures, ont été pour tous et toutes source de vitalité nouvelle.

Rêve en projet

La mission se fait parfois contagieuse. Julien, un adolescent dont les parents ont servi en partenariat avec les MIC à Cochabamba en Bolivie, ne se doute pas que la mention de cette expérience à des voisins atteigne Marie-Hélène et Stéphan qui rêvent d'un projet à l'étranger avec leurs enfants. Et voilà qu'une rencontre s'improvise entre les deux couples, Christine et Thierry, partageant avec enthousiasme maints renseignements et encouragements, Marie-Hélène et Stéphan, amor¸ant une aventure encore en plein déploiement, après des mois de parcours et préparatifs de tous ordres.

Marie-Hélène Beaulac et Stéphan Marier, de Laval au Québec, se sont intensément préparés à réaliser un engagement missionnaire avec leurs trois fillettes Mathilde, Alice et Florence. Au PIFM (Programme Intercommunautaire de Formation Missionnaire) au rythme d'une ou deux fins de semaine par mois en groupes, les deux ont cheminé. Ils ont tout mis en oeuvre, pour mieux s'approcher des réalités d'une vie missionnaire au contact d'autres cultures et dans le partage de leur foi comme « bonne nouvelle » à signifier par leur être et leur engagement. Marie-Hélène et les fillettes se sont mises à l'apprentissage appliqué et heureux de l'espagnol; pour Stéphan, c'était déjà un acquis.

En Bolivie, une communauté interculturelle de six MIC s'est engagée à les accueillir à long terme, à favoriser leur insertion et à valoriser leurs disponibilités et leurs compétences. Dans cette écolepensionnat qu'est l’IÉR (Institut d'Éducation Rurale) pour jeunes adultes, leaders de villages éloignés, Marie-Hélène, tout en s'occupant de sa famille, s'engagera par sa présence régulière auprès des pensionnaires, en particulier dans les activités sportives. De plus, elle est ravie de collaborer à la fabrication du pain pour participer à l'autonomie financière de l'établissement. Tandis que les fillettes vivront une vie normale d'enfants scolarisées, Stéphan s'emploiera à l'aide aux devoirs parmi les étudiantes. Il apportera aussi une contribution à la dimension artistique de l'institution, par la musique, le chant, le théâtre, tout en étant présent, lui aussi à sa famille. Dépaysement total qu'une telle transplantation hors des sphères connues de la vie professionnelle !

S'il faut courage et profond enthousiasme pour se lancer dans un tel projet, l'appui et la solidarité des personnes de leurs divers réseaux viennent consolider l'espérance et intensifier le bonheur de réaliser un tel rêve.

ENVOI, PARTAGE DU RÊVE

Une célébration d'envoi missionnaire a réuni parents, ami(e)s, missionnaires laï ques et soeurs missionnaires, en une fête toute significative, le 29 mai dernier à la Maison Mère des MIC, avec la présence de l'abbé Pierre Murray, vicaire épiscopal de Laval et ami des Marier. Tout ce projet en train de s'accomplir avance dans un climat d'action de grâces, autant au Québec que dans la communauté de l’IÉR. Tandis que parents et connaissances cherchent à appuyer de leurs moyens le développement d'un envoi missionnaire, l’IÉR met tout en oeuvre pour favoriser sur place une chaleureuse collaboration.

D'une génération à l'autre l'expérience des missionnaires laïques concrétise le projet de Dieu pour la famille humaine, dans sa diversité. Il prend forme inédite dans des personnes ayant au coeur la feuille de route des béatitudes proclamées par le Seigneur. Car il y a aussi le Je suis avec vous tous les jours d'une indéfectible promesse.

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